L'avancement des sciences de la vie et de la chimie telles qu'enseignées dans les universités, de même que l'expertise des diplômés en ces matières, contribuent directement «à l'essor de la société québécoise, à sa qualité de vie et à sa croissance au sein d'une nouvelle économie du savoir». Voilà le constat nettement positif que dresse la Commission des universités sur les programmes (CUP) dans le sixième rapport qu'elle vient tout juste de déposer, lequel portait sur les programmes de biologie, de chimie, de biochimie, de microbiologie, des sciences biomédicales et des sciences de l'environnement.
La qualité des programmes
Les programmes1 dans les six secteurs examinés offrent, selon la CUP, une formation de qualité, à la fine pointe des nouvelles connaissances. À cet égard, la Commission retient le large éventail d'orientations complémentaires offert par les établissements universitaires, la diversité des approches pédagogiques utilisées, le haut niveau de financement de la recherche et l'étendue des réseaux de collaboration tissés sur les plans national et international. À cela, s'ajoutent une augmentation de la clientèle, des taux de réussite enviables et un taux de placement intéressant, surtout après l'obtention d'un diplôme d'études supérieures. La CUP invite cependant les universités à intégrer dans leurs programmes des cours sur l'éthique ou l'entrepreneurship. Ceci, afin «de mieux préparer les diplômés à répondre aux exigences de la nouvelle économie, de stimuler la valorisation des fruits de la recherche, et d'éclaircir les enjeux éthiques qui ne cessent d'émerger avec l'avancement de la génétique et de la biologie moléculaire».
Les effets des coupures
Les récentes compressions budgétaires, selon la CUP, ont entraîné d'importantes répercussions en sciences de la vie et en chimie. Ainsi, depuis cinq ans, près de la moitié des programmes ont été réévalués par les institutions. Le déclin du financement public de la recherche et la décroissance de 7,4 % du nombre de professeurs réguliers de 1992 à 1997, suscitent également moult craintes. Afin de combler les postes laissés vacants à la suite des départs à la retraite, la CUP recommande aux unités d'élaborer un scénario de collaboration de manière à ce que les étudiants puissent accéder à l'expertise disponible dans l'ensemble des départements actifs aux cycles supérieurs. De plus, la CUP suggère d'expliciter les critères d'habilitation à diriger les thèses et les mémoires, de même que les modalités de reconnaissance du travail de supervision réalisé à l'extérieur de l'institution d'attache des professeurs. La Commission estime en outre que tout nouveau programme aux cycles supérieurs doit tenir compte des complémentarités entre les universités.
Par ailleurs, on constate que l'enseignement pratique dans les laboratoires et sur le terrain semble avoir particulièrement souffert des contraintes budgétaires. Or, la CUP rappelle aux universités qu'elles doivent mettre à la disposition des étudiants les laboratoires et les équipements appropriés, ainsi que le personnel professionnel et technique requis, afin de continuer à dispenser une formation véritablement adéquate. Aux établissements qui envisagent contingenter les admissions, la CUP tient à préciser qu'une telle décision aurait pour résultat de «priver le Québec d'une main-d'oeuvre hautement qualifiée dans les domaines de pointe des sciences de la vie et de la chimie, main-d'oeuvre réclamée de manière récurrente par l'industrie du savoir». Conclusion du rapport? Pour que tout le potentiel québécois en matière de santé, de ressources naturelles, d'agriculture, et d'alimentation puisse se concrétiser, les universités doivent conserver les moyens de faire de l'enseignement et de la recherche en sciences de la vie et en chimie.