Volume XXV Numéro 4, 26 OCTOBRE 1998
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LA UNE

Nouveau vice-rectorat consacré à la recherche
Un rôle d'appui, d'animation et d'accompagnement


Aménagement du territoire
450 000 $ pour un projet du GEIGER


SOMMAIRE DU NUMÉRO

Génie logiciel
Nos experts appelés à définir la profession


Aménagement forestier durable
Inauguration d'une Chaire industrielle CRSNG*UQAT*UQAM


«Cultiver les réflexes de créativité et d'imagination»
- Paule Leduc, rectrice


Six candidats en lice pour les postes de doyens

Atelier international en environnement
La qualité des eaux du Saint-Laurent et du lac Biwa


Recherche-action en milieu scolaire
Transformer l'enseignement de la danse


De nouvelles pistes d'action pour l'encadrement des étudiants

Colloque en droit privé
20 ans de recours collectif


Nouveau programme de deuxième cycle
en enseignement du français


Prix de littérature

Des diplômés en gestion honorés

Hommage à Pierre Dansereau

«L'avènement étudiant»

Centre de design
«L'espace libre dans la ville»


Campagne Centraide UQAM 1998
Des sous pour changer les choses


Nouveau vice-rectorat consacré à la recherche

Un rôle d'appui, d'animation et d'accompagnement
Mme Louise Dandurand, vice-rectrice à la recherche, à la création et à la planification.

Dans le cadre de la réorganisation de sa direction, l'UQAM a créé un nouveau vice-rectorat à la recherche, à la création et à la planification (VRRCP)1. En confiant ces dossiers à un vice-rectorat distinct de celui de la formation, l'UQAM agit ainsi comme la plupart des universités québécoises2. Pour en savoir plus long sur le rôle et la mission du VRRCP, nous avons rencontré sa responsable, Mme Louise Dandurand.

Un vice-rectorat consacré exclusivement à la recherche-création
Pour Louise Dandurand, le fait de se donner un tel vice-rectorat permettra de valoriser davantage la recherche tout en assurant une plus grande animation. «La création du VRRCP vient consacrer un état de fait, soit la maturité et la qualité de la recherche qui se fait à l'UQAM». L'Université pourra également exercer une présence encore plus forte à l'extérieur: «Les différents paliers de gouvernement qui soutiennent la recherche ciblent de plus en plus leurs interventions en fonction de domaines qu'ils jugent prioritaires. Il importe donc que nous participions aux comités d'experts et forums où se définissent les politiques d'appui à la recherche, et ce afin que nos priorités et nos forces soient mieux reconnues».

Les défis de la recherche-création
Selon la vice-rectrice, l'UQAM ne pourra échapper à la nécessité de faire des choix pour développer des créneaux stratégiques en recherche. D'où l'importance, souligne-t-elle, de la planification stratégique en tant qu'outil d'accompagnement pour que l'Université fasse les choix qui s'imposent. «Un des premiers défis est de bâtir des axes de force qui correspondent aux talents et aux expertises que nous avons et de tout faire pour qu'ils grandissent». Mais, précise Mme Dandurand, «cet accompagnement d'axes porteurs ne doit pas se faire au détriment des initiatives individuelles de chercheurs dans différents domaines. Ce n'est pas une entreprise exclusive». Parmi les axes de force de l'UQAM en matière de recherche-création, Mme Dandurand cite l'exemple des nouveaux médias et celui des biosciences. Dans le premier cas, elle rappelle le dynamisme et la vitalité de secteurs comme ceux des communications, des arts et de l'informatique. Quant au domaine biomédical, elle note que le département des sciences biologiques est un des plus performants au pays, sans compter l'important volume de recherches tant en chimie qu'en biochimie.

La vice-rectrice insiste également sur la contextualisation croissante de l'activité de connaissance. «Par contextualisation, on entend la porosité croissante des frontières disciplinaires et la mouvance des paradigmes qui demandent des collaborations et des associations accrues dans divers champs. Cette contextualisation est aussi marquée au sceau de l'insertion sociale de la recherche. Ainsi, il est essentiel que la recherche soit comprise et il incombe aux chercheurs eux-mêmes de l'expliquer, pas pour se justifier mais afin que les acteurs sociaux et les citoyens en comprennent la valeur pour l'évolution de la société».

L'importance des partenariats
Les partenariats, soutient Mme Dandurand, sont appelés à prendre de plus en plus d'importance. «Les différents acteurs socio-économiques se rendent davantage compte de la valeur de la recherche qui se réalise dans les universités. Et, en même temps, ils sont de plus en plus critiques et exigeants». Pour la vice-rectrice, l'époque de l'université «tour d'ivoire» est révolue. Celle-ci doit, avec ses partenaires économiques et sociaux, définir les attentes sociales. À propos des partenariats avec l'entreprise privée, qui soulèvent parfois des préoccupations d'ordre éthique, Mme Dandurand explique que «bien sûr, nous devons préserver notre indépendance d'esprit et notre esprit critique, mais il faut aussi éviter tout simplisme. Les partenaires qui nous choisissent comprennent les règles du jeu». Par ailleurs, comme la nature des partenariats n'est pas toujours bien comprise, elle estime qu'il serait pertinent d'organiser un débat à l'UQAM sur les enjeux éthiques des partenariats.

Sur la scène internationale, Mme Dandurand se demande s'il ne faudrait pas, compte tenu des intérêts et des expertises de l'UQAM, privilégier certaines zones géographiques. Ainsi, doit-on continuer à favoriser la francophonie ? Faut-il négliger pour autant l'Asie ? Bref, «nous devons avoir une vision beaucoup plus stratégique et faire des choix de manière plus éclairée».

Le lien formation-recherche
«Le lien formation-recherche ne se fait pas au niveau des administrations. Ce sont les chercheurs qui l'incarnent». Ceci dit, Mme Dandurand reconnaît qu'il devra y avoir des arrimages de sorte que les interventions de son vice-rectorat et de celui en charge de la formation soient concertées. «Il ne faut pas oublier que les équipes des deux vice-rectorats travaillent au quotidien sur les mêmes enjeux et les mêmes dossiers». Mais il reste qu'à ses yeux, le véritable lieu d'arrimage demeure les Facultés. «Ce que nous voulons faire, ce n'est pas de la planification ex-cathaedra à partir de nos bureaux du Athanase-David, c'est de donner aux Facultés des outils pour qu'elles puissent définir elles-mêmes des axes de développement en recherche». D'ailleurs, le VRRCP établira un dialogue constant avec les Chaires et travaille à élaborer une politique à leur égard.

À ceux qui s'inquiéteraient du fait qu'on ait confié le dossier de la recherche-création à quelqu'un qui n'est pas un professeur-chercheur, Louise Dandurand répond avec un sourire narquois: «J'ai 20 ans d'expérience dans les milieux d'aide à la recherche, et j'ai été partie prenante de toutes les discussions, ici et à l'étranger, autour des problématiques d'appui à la recherche. J'ai même enseigné la politique scientifique et la politique de recherche dans une vie antérieure. Je n'y vois donc pas de problème !»


  1. Le VRRCP réunit le Service de la recherche et de la création, le Bureau de développement des partenariats, les Chaires, le Bureau de la recherche institutionnelle et le Service de l'information et des relations publiques. Parmi ses priorités, mentionnons les éléments suivants: une stratégie de développement et de valorisation de la recherche et de la création, une politique des Chaires, une stratégie de développement de partenariats, une actualisation de la mission de l'UQAM et une stratégie de communication.
  2. La plupart des universités québécoises et des universités de taille comparable à celle de l'UQAM estiment que les responsabilités relatives à la formation et à la recherche sont suffisamment lourdes et importantes pour justifier qu'elles soient confiées à deux vice-rectorats distincts.