Volume XXV Numéro 5, 9 NOVEMBRE 1998
14/09/98 28/09/98 12/10/98 26/10/98 9/11/98 23/11/98 07/12/98
18/01/99 01/02/99 15/02/99 01/03/99 15/03/99 29/03/99 12/04/99
LA UNE

Un travail de moine sur une vie de saints!

L'Université doit se questionner

Rapport de l'ombudsman


SOMMAIRE DU NUMÉRO


Plan d'action triennal
Pour une meilleure intégration des TIC dans la formation


Un programme de certificat en anglais dès janvier

Colloque organisé par la Chaire de Tourisme
Culture et tourisme : une affaire de créativité


Encadrement des étudiants
Des actions jugées prioritaires


SCRUTIN DANS LES FACULTÉS:

Le mot des candidats:
M. Tho-Hau Nguyen
M. Claude Hillaire-Marcel
M. Marcel Rafie
M. Robert Proulx
M. Luc-Normand Tellier
Mme Marquita Riel

Titres d'ici

Ouvrages en études stratégiques

Appel de candidatures pour les prix de l'Acfas

Chaire Bombardier
Modifications au programme de bourses de recherche


Mercedes Palomino honorée

Employés à la retraite

Caisse d'économie
Assemblée annuelle


Bourse d'excellence

COMMISSION DES ÉTUDES

SOUTENANCES DE THÈSE

VITE LU

Avis de scrutin

«Neurones en forme»
Au-delà des muscles


Le Choeur de l'UQAM: 20 ans d'éducation populaire !

Don de sculptures pour la création d'un fonds de bourses

La Maison de la culture a repris son élan
L'Université doit se questionner
Mme Paule Leduc, rectrice.

La rectrice, Mme Paule Leduc, a présenté récemment à la communauté universitaire le plan d'action que propose le rectorat pour l'année 1998-1999, tout en traçant le bilan des deux dernières années. L'objectif, a-t-elle rappelé, demeure le même: «Mieux former les étudiants et en conduire un nombre toujours croissant à la réussite». Le journal L'UQAM l'a rencontrée afin d'en savoir davantage tant sur le sens et la portée du plan d'action annoncé, que sur sa vision de l'Université à l'aube du troisième millénaire.

Réviser la programmation
Le plan d'action 1998-1999 prévoit une revue de la programmation, laquelle devrait permettre de mieux prendre en compte non seulement les évolutions scientifiques et sociales, mais encore les besoins des clientèles, très diversifiées, qu'accueille l'Université. Mais pourquoi ne pas avoir lancé cette opération plus tôt? «Pour pouvoir repenser en profondeur la programmation, [...] il fallait absolument que l'on se donne des moyens - revoir au préalable les structures de décision sur le plan académique - afin que la réflexion se fasse là où l'expertise se trouve, c'est-à-dire dans les départements, dans les Facultés, avec les intervenants de première ligne», dira la rectrice, pour faire image. Afin d'assurer la qualité de ce travail de fond, la Direction a élaboré des outils supplémentaires, soit un plan d'action pour la programmation et une cartographie.

Le plan d'action pour la programmation - dont un avant-projet vient d'être soumis aux doyens intérimaires des nouvelles Facultés pour une première évaluation - servira de guide pour les unités. «Tout le monde ne sera pas obligé de faire la même chose, ni au même rythme, mais des objectifs seront fixés avec un cadre général», de préciser Mme Leduc. La cartographie, pour sa part, visera à permettre aux intervenants de faire des évaluations et des projections réalistes quant à l'offre de programmes à partir d'un portrait assez complet de l'environnement interne (contenus des programmes, évolutions scientifiques, clientèles, ressources, etc.) et de l'environnement externe (curriculum des cégeps, programmes des autres universités, développement techno-scientifique, marchés privés, systèmes d'éducation et de santé, etc.).

Des réalités nouvelles
L'environnement externe, soutient Mme Leduc, joue un rôle extrêmement important quant «on veut soi-même se redéfinir ou en tout cas évaluer la pertinence et la qualité de ce que l'on fait, en particulier dans la conjoncture actuelle.» Ainsi, ajoute-t-elle, il faut prendre conscience que les modes de livraison de la science et de la connaissance se sont énormément modifiés depuis 30 ans. «Les gens, aujourd'hui, ont de multiples points de contact avec la science, la connaissance et la formation, que ce soit par le biais de la télévision, des journaux, de l'Internet,... Nous, à l'UQAM, nous offrons une autre forme de contact qui est celle de la formation sur campus, avec quelques petites expériences de formation à distance». Or, s'interroge la rectrice, l'Université ne devrait-elle pas repenser aussi ses propres modes de livraison ou d'offre de connaissances? En fait, estime la rectrice, l'université moderne, telle qu'on la connait en cette fin de siècle, est une université qui doit se requestionner à divers égards, notamment en ce qui concerne son offre de programmes et son offre de formation; les façons de faire de la recherche et les modèles de développement de la science, avec une importance accrue accordée à la multidisciplinarité pour résoudre des problématiques de recherche.

Le rôle de l'enseignant
En proposant un colloque sur le rôle de l'enseignant, la rectrice affirme avoir toujours le même questionnement en tête, à savoir: comment faire pour mieux former les étudiants et les mener à la réussite? «Les professeurs-chercheurs sont bien sûr des acteurs majeurs, sans compter les chargés de cours qui contribuent également à la formation. Comment ces acteurs interviennent-ils? En quoi sont-ils complémentaires? Comment les associe-t-on au développement de l'Université? Comment articuler leurs interventions dans la formation afin de la rendre encore meilleure? [...] Je crois que s'il y a une université qui est capable de se poser ces questions-là, et d'oser agir en toute lucidité et de manière innovatrice, c'est bien la nôtre».

Une mission sociale
Assurer l'accès et la réussite aux études représentent, pour la rectrice, une véritable mission sociale. Selon elle, le mouvement des dernières décennies pour démocratiser l'accès à l'enseignement supérieur a entraîné un élargissement de la mission qui avait été confiée jusqu'alors aux universités. Au Québec, souligne-t-elle, 11 % de la population francophone détient un diplôme universitaire, tandis qu'aux États-Unis, le taux dépasse 22 %. «On est encore dans un processus de démocratisation de l'université et notre objectif doit être de permettre au plus grand nombre possible de gens d'avoir accès à la connaissance, afin qu'ils puissent trouver les meilleurs emplois possibles, qui ne sont pas nécessairement des emplois de penseurs ou d'intellectuels.» Or, pour que l'Université puisse remplir sa mission, il faut bien sûr, dit-elle, «continuer à développer les savoirs - c'est fondamental -, mais on doit aussi les transférer, d'abord à nos étudiants, dans les meilleures conditions possibles, qui eux-mêmes vont ensuite les transférer autour d'eux, dans leur vie professionnelle.» C'est en quelque sorte le changement de paradigme que Mme Leduc essaie de suggérer en disant qu'il faut passer d'une culture de l'enseignement à une culture de l'encadrement des apprentissages: «c'est une façon de prendre davantage en compte le monde dans lequel on vit».

La survie de l'UQAM
Si l'UQAM veut survivre et se développer, il faut, selon Mme Leduc, qu'un certain nombre de conditions soient réunies, «des conditions externes de financement, certes, mais aussi un certain nombre d'actions prises à l'intérieur, financières ou académiques.» Le «Comité de survie», souligne-t-elle, présentera éventuellement un rapport au CA sur les interventions qui ont été faites jusqu'à maintenant et sur un certain nombre de pistes de solution à être examinées plus en profondeur. Mais, de dire la rectrice, «les gouvernements vont devoir se rendre compte qu'on ne pourra pas continuer à subir des coupures importantes comme celles que l'on a subit sans détruire le tissu profond de l'Université».

Enfin, bien que consciente d'un certain «essoufflement» des troupes, Mme Leduc n'en demeure pas moins confiante face à l'avenir. D'une part, elle constate qu'il y a eu, jusqu'à maintenant, un «extraordinaire engagement de toute la communauté» alors même que, d'autre part, les prochains défis à relever devraient s'avérer «encore plus stimulants».