Volume XXV Numéro 14, 12 AVRIL 1999
14/09/98 29/09/98 12/10/98 26/10/98 9/11/98 23/11/98 07/12/98
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LA UNE

Formation en gestion
Dix ans de coopération avec la Pologne... et ça continue!


Poste de doyen à l'ESG
Un appui significatif à Jean Ducharme


Le budget de l'UQAM bientôt déposé



SOMMAIRE DU NUMÉRO




Vote en Arts et en Éducation
Le mot des candidats
SECTEUR DES ARTS
M. Georges Laferrière
M. André G. Bourassa

SECTEUR DE L'ÉDUCATION
M. Jocelyn R. Beausoleil
M. Marc Turgeon

Important transfert de technologie

Partenariat vs publications
Quand les chiffres secouent les mythes


Immigration, ethnicité, citoyenneté...

Nouveau programme court

Communication
Un écart entre la formation et l'emploi?


COLLOQUES
La « pensée sociale » :
au coeur de la réflexion en sciences humaines


Débats sur le Code du travail

Regards sur le langage

État de la recherche en histoire de l'art

Troubles sous analyse



Modification du PAFARC

Cycles supérieurs
De nouvelles bourses


Site web du BRI
L'UQAM à la carte


Concerts pour célébrer le 30e anniversaire de l'UQAM

Bouger pour réussir


Belle performance au concours stratégique du CRSH
Bourse d'excellence
Une étudiante déléguée à Genève


Titres d'ici
VITE LU
SOUTENANCES DE THÈSE


Les Cours du samedi
50 ans à promouvoir les arts visuels


Concours d'architecture
Trois diplômés lauréats


Les étudiants s'exposent!

Immigration, ethnicité, citoyenneté... quels enjeux?

Quelques-uns des membres du CRIEC, à l'avant-plan, François Dépelteau, chercheur postdoctoral, Édith Garneau, étudiante au doctorat, Yolande Frenette, coordonnatrice, Micheline Labelle, directrice du CRIEC. À l'arrière-plan, Azzeddine Nahraoui, étudiant de doctorat et Jean-Marc Fontan, professeur-chercheur.

Pourquoi le lien social menace-t-il maintenant de se rompre dans l'espace canadien et québécois? Quels sont les obstacles à la résolution des rapports de force induits par la diversité et le pluralisme social? Comment redéfinir la citoyenneté de manière à articuler les exigences du pluralisme et de la recomposition du lien social? Ce sont là les trois questions générales qui animent les travaux du Centre de recherche sur l'immigration, l'ethnicité et la citoyenneté (CRIEC)1. Ce Centre, qui regroupe des chercheurs de l'UQAM et de l'Université Concordia2, mène présentement de front quatre projets de recherche.

Problématique générale Comme l'explique la directrice du Centre et professeure au département de sociologie, Mme Micheline Labelle, les chercheurs du CRIEC, opérant à partir d'une conception large de la citoyenneté, s'intéressent aux défis que posent aujourd'hui l'immigration, l'ethnicité et les relations entre groupes nationaux et ethnoculturels différents au sein des sociétés modernes. « Nos recherches, souligne Mme Labelle, sont maintenant davantage axées sur des questions politiques comme celles du rapport entre nationalisme et citoyenneté, de la construction sociale des identités des minorités, ou encore des politiques publiques de gestion de la diversité. Ainsi, les rapports interethniques, en particulier depuis le référendum de 1995, sont beaucoup plus marqués par la question nationale québécoise, et les groupes ethnoculturels sont appelés à se positionner idéologiquement et politiquement ».

Le débat public Selon les chercheurs du CRIEC, le débat public semble articuler actuellement les enjeux de la citoyenneté autour de deux tendances de fond. Il y a d'abord l'inscription de la culture politique canadienne dans la mouvance des droits individuels. Sous l'effet de la primauté des droits individuels, les victimes d'exclusion et de discrimination développent des revendications particularistes qui tablent sur l'ethnicité, la religion, le genre ou la culture, suggèrent de nouvelles manières de constituer le lien social et même proposent des formes de citoyenneté concurrentes au régime en vigueur. L'autre tendance est reliée aux questions controversées de l'immigration et de la diversité ethnoculturelle auxquelles s'ajoute la problématique de la latitude politique qu'il convient d'accorder aux revendications des minorités nationales qui ont la citoyenneté, mais qui en récusent les termes ou qui cherchent à en modifier les paramètres. Ainsi, les nationalistes québécois, les Premières nations et les partitionnistes anglophones du Québec sont des exemples éloquents de cette problématique.

Les recherches en cours Les projets de recherche du CRIEC (analyse de discours et enquête-terrain auprès d'acteurs sociaux) portent sur les problématiques suivantes : 1) Citoyenneté et pluriethnicité en milieu urbain; le cas du Québec : représentations de la citoyenneté, sentiment d'appartenance, incorporation des minorités dans la société québécoise, etc.; 2) Incorporation citoyenne ou exclusion? La deuxième génération issue de la nouvelle immigration : comment ces jeunes, socialisés dans le cadre de la Loi 101, s'identifient et se représentent la citoyenneté et l'appartenance à la communauté politique québécoise? 3) Femmes, nations et citoyenneté : élucidation de l'impact de l'élargissement de la citoyenneté à la catégorie femme; 4) Immigration et espaces locaux; convergence et non convergence de citoyennetés : analyse du processus d'intégration socio-économique des immigrants établis dans trois régions du Québec.

1 Depuis 1997, le CRIEC remplace l'ancien Centre de recherche sur les relations interethniques et le racisme (CRRIR). L'équipe originale s'est reconstituée et a accueilli de nouveaux chercheurs. Le nouveau nom du Centre se veut le reflet de ces transformations internes.

2 Les chercheurs de l'UQAM sont : Micheline Labelle (sociologie), directrice du CRIEC, Micheline De Sève (science politique) également directrice de l'IREF, Jean-Marc Fontan (sociologie), André Jacob (travail social) et Ernst Jouthe (travail social). S'ajoute, enfin, Daniel Salée (science politique) de l'Université Concordia. Le CRIEC comprend également une douzaine d'étudiants des cycles supérieurs et un chercheur postdoctoral. À noter que l'équipe est subventionnée par le FCAR.