Volume XXV Numéro 14, 12 AVRIL 1999
14/09/98 29/09/98 12/10/98 26/10/98 9/11/98 23/11/98 07/12/98
18/01/99 01/02/99 15/02/99 01/03/99 15/03/99 29/03/99 12/04/99
LA UNE

Formation en gestion
Dix ans de coopération avec la Pologne... et ça continue!


Poste de doyen à l'ESG
Un appui significatif à Jean Ducharme


Le budget de l'UQAM bientôt déposé



SOMMAIRE DU NUMÉRO




Vote en Arts et en Éducation
Le mot des candidats
SECTEUR DES ARTS
M. Georges Laferrière
M. André G. Bourassa

SECTEUR DE L'ÉDUCATION
M. Jocelyn R. Beausoleil
M. Marc Turgeon

Important transfert de technologie

Partenariat vs publications
Quand les chiffres secouent les mythes


Immigration, ethnicité, citoyenneté...

Nouveau programme court

Communication
Un écart entre la formation et l'emploi?


COLLOQUES
La « pensée sociale » :
au coeur de la réflexion en sciences humaines


Débats sur le Code du travail

Regards sur le langage

État de la recherche en histoire de l'art

Troubles sous analyse



Modification du PAFARC

Cycles supérieurs
De nouvelles bourses


Site web du BRI
L'UQAM à la carte


Concerts pour célébrer le 30e anniversaire de l'UQAM

Bouger pour réussir


Belle performance au concours stratégique du CRSH
Bourse d'excellence
Une étudiante déléguée à Genève


Titres d'ici
VITE LU
SOUTENANCES DE THÈSE


Les Cours du samedi
50 ans à promouvoir les arts visuels


Concours d'architecture
Trois diplômés lauréats


Les étudiants s'exposent!

« Pourquoi je me présente au poste de doyen du Secteur des arts »

M. André G. Bourassa, directeur Maîtrise en art dramatique

Je crois bien avoir été toute ma vie préoccupé par l'établissement de liens entre les arts et les artistes : un mémoire en philosophie sur l'intuition créatrice en art, un mémoire en littérature sur le théâtre total, une thèse sur le surréalisme et de nombreux livres et articles sur les Automatistes (dont on sait qu'ils étaient un regroupement d'artistes de danse, design, musique, peinture, photographie, poésie, sculpture et théâtre). Je tiens profondément à c&brkbar;ur la valorisation de l'art au Québec et en ai défendu par plusieurs conférences et publications la modernité et l'actualité. J'ai abordé l'étude du beau en art moderne à une époque où ce n'était pas bien vu, étudié et fait connaître Refus global et ses signataires avant que ce ne soit à la mode, cru en l'interdisciplinarité quand les littéraires avaient tendance à s'en méfier, défendu le doctorat en études et pratiques des arts devant des représentants du ministère de l'Éducation plutôt circonspects, et mis en question le Rapport sur l'industrie culturelle devant une ministre de la Culture apparemment convaincue de son bien-fondé. Je saurai sûrement lutter pour le développement du Secteur des arts parce qu'on y pratique exactement ce en quoi je crois le plus, un art d'aujourd'hui.

J'estime avoir été un étudiant et un professeur choyé. Par exemple, à 17 ans, quand j'étudiais dans un collège universitaire américain, le directeur d'études nouvellement nommé m'offrit de donner à sa place un cours d'appoint annuel. Les étudiants étaient tous plus vieux que moi et m'ont fait vivre une expérience extraordinaire. J'en ai tiré quelques leçons : que j'aimais l'enseignement universitaire, qu'un étudiant a la capacité de contribuer à l'avancement des connaissances dans son université et qu'il peut et doit faire l'objet du plus grand des respects dans son institution. Les étudiants doivent être assurés que je ferai tout en mon pouvoir pour les aider dans leur apprentissage, leur expérimentation. Je suis par exemple heureux que la nomination d'un vice-doyen que j'ai proposée dès le début pour résoudre le problème de la coordination des baccalauréats en enseignement des arts soit la solution qui, inspirée du Secteur de l'éducation, est maintenant retenue. Mais les conséquences administratives de l'insertion d'une quatrième année dans les programmes en enseignement des arts n'épuisent pas à elles seules la problématique du Secteur.

Il y a par exemple beaucoup à faire pour améliorer les infrastructures de nos diplômes de maîtrise et de doctorat : manque de personnel, de locaux, d'appareillage, voire, en certains cas, de clientèle. De plus, deux départements n'ont pas encore de programme de maîtrise. Ce sont certes des questions qui relèvent des départements, mais le décanat des arts doit offrir un support à tout niveau. Je ne suis pas partisan de la gestion sectorielle du personnel, des budgets et des locaux spécialisés des départements, car il y a trop de divergences dans leur fonctionnement; ils se distinguent justement l'un de l'autre par la spécialisation de leurs professionnels et techniciens et par les moyens de produire et les lieux de production. Je suis partisan cependant d'une écoute et d'une collaboration constante avec le Conseil académique. Partisan aussi des rapprochements disciplinaires, comptant beaucoup sur les programmes d'études des arts, d'études et pratiques des arts, d'histoire de l'art et de muséologie, essentiellement ouverts, pour contribuer à ce rapprochement. Il ne s'agit pas de rêver d'une fusion des arts ou d'un art total, rarement atteinte, mais de confrontations éclairantes et de complémentarité, un art interrogeant l'autre, provoquant l'autre.

Je suis très préoccupé par le rapport théorie / pratique et par le rapport de l'art à la société d'aujourd'hui. Préoccupé par le rapport théorie / pratique à cause du rôle particulier de l'art en milieu universitaire, où on doit pouvoir créer en toute liberté et, du même souffle, être capable de se définir une poétique propre et d'utiliser au moins quelques-uns des modes d'approches critiques proposés par les sciences humaines; il faudra sur ce point multiplier les événements et les colloques, pour consolider le Secteur et profiter du momentum extraordinaire des artistes québécois sur le plan international. Préoccupé par le rapport de l'art à la société d'aujourd'hui parce qu'on nous casse les oreilles avec des notions d'industrie culturelle, de mondialisation des marchés du savoir et d'applications pratiques de la démarche créatrice. Ce n'est pas par ce bout-là qu'il faut aborder la question. À tout prendre, mieux vaut l'approche du peintre Paul-Émile Borduas : « La conséquence est plus importante que le but ». J'espère avoir exprimé de façon convaincante quelques-uns des buts que je vous propose, sachant que vous vous attendrez à ce que les conséquences soient à leur hauteur!