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Le J.-A.- DeSève officiellement inauguré!
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Les tests cliniques valident la «Contramid»
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- Jean-Marc Éla, professeur invité
L'homme qui détient trois doctorats (sociologie, anthropologie et théologie) et une licence en philosophie, s'est fait le «porte-parole de l'Afrique des petits», comme il l'avoue simplement. Depuis près de 25 ans, l'africaniste est sollicité autant par les milieux universitaires que par les organisations non gouvernementales (ONG), partout à travers le monde - «sauf en Asie», précise-t-il. L'entrevue qu'il nous accordait terminée, il partait d'ailleurs pour la Belgique recevoir un doctorat honoris causa de l'Université catholique de Leuven. Un hommage qui visait à souligner le caractère original de son oeuvre de théologie africaine de libération, sa recherche sociologique et son «inlassable exhortation à prêter l'oreille aux cris de l'Afrique postcoloniale». Né à Ebolowa au Cameroun en 1936, l'auteur d'une quinzaine d'ouvrages dont Le cri de l'homme africain a enseigné à l'Université de Yaoundé au Cameroun, et à Louvain-la-Neuve en Belgique, avant de connaître l'exil. Le Monde diplomatique publie également ses analyses. Une culture du regard
à travers le quotidien Le chercheur promène son regard sur l'Afrique en le centrant sur le quotidien. «L'homme - l'être humain - est un être de chaque jour. Dans le spectacle du quotidien se trouvent les indicateurs de tout un système. Selon moi, il n'y a pas d'intelligence du social possible sans ce recentrage sur la quotidienneté pour lui donner sens. Ce postulat définit tout l'horizon de ma recherche en sciences sociales», note M. Éla. Cette approche engendre une prose très colorée, très descriptive, qui donne au lecteur la chance de sentir l'Afrique sans souffrir le jargon de spécialistes. Appliquée au contexte occidental, l'approche du sociologue l'amène à observer, rue St-Denis par exemple, les jeunes squeegees qui lavent les pare-brise. À l'aide de cette culture du regard qui lui sert à découvrir les profondeurs, le professeur constate : «C'est le miroir d'une société, qui illustre une dynamique de paupérisation dans un pays riche. Ça a l'air de rien du tout, mais il faut décoder ce langage, retrouver ce qui ne se donne pas à voir, mais qui est si important pour comprendre une société». À l'aise à l'UQAM, qui n'a rien d'une «tour d'ivoire», il y retrouve un «esprit, une culture d'immersion dans la vie du peuple... L'Amérique du Nord a besoin de ce regard de l'UQAM». À l'heure actuelle, M. Éla dirige conjointement avec la professeure de science politique Bonnie Campbell le «Programme canadien de formation à la recherche pour le développement en Afrique», financé par le Centre de recherches pour le développement international CRDI (voir article en page 4). «En ce moment, ce qui me préoccupe le plus, note le chercheur, c'est de consacrer ma capacité de réflexion et d'analyse sur les enjeux théoriques et institutionnels de la production de connaissances en Afrique.» |