En désignant, pour les quatre prochaines années, le CINBIOSE «Centre collaborateur de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et de l'Organisation Pan-américaine de la santé (OPS)», les deux prestigieux organismes ont ainsi reconnu au niveau international son expertise sur le thème de la détection précoce et de la prévention de maladies reliées au travail et à l'environnement. C'est en présence du directeur de la division Santé communautaire de l'OPS, M. Juan Antonio Casas, de M. Don Peden, spécialiste de programme principal au Centre de recherches pour le développement international (CRDI) et de la rectrice, Mme Paule Leduc, qu'une centaine de personnes ont souligné cette désignation, le 3 février dernier.
Le CINBIOSE participe maintenant à l'implantation de programmes de recherche aux niveaux local, régional et international avec l'OPS et l'OMS. Ces deux organismes, qui luttent depuis des décennies pour améliorer les systèmes de santé nationaux et locaux, jouissent d'une reconnaissance mondiale en tant que membres du réseau des Nations-Unies. Les centres collaborateurs ont pour mission de développer des projets de coopération scientifique dans les domaines de la formation de chercheurs, de la recherche appliquée en biologie et en toxicologie, de l'élaboration de bases de données, de développement d'outils pour diffuser l'information, ainsi que des services de consultation.
Approche préventive,
novatrice et productive
Le CINBIOSE a su conjuguer activités scientifiques et intervention sociale, par le biais de méthodes de recherche participatives et d'approches nouvelles et critiques. Une démarche préventive reposant sur l'interdisciplinarité et l'ouverture au milieu a permis de mettre au point des indicateurs précoces des atteintes à la santé et de chercher des solutions réalistes et applicables, tout ceci malgré l'absence d'une faculté de médecine. Ainsi, dans le domaine de l'ergonomie, les études ont permis la mise au point d'un siège assis-debout pour des caissières de supermarchés et de techniques d'affilage de couteaux dans les usines du secteur de la viande. En neurotoxicologie humaine, les travaux ont notamment mis en évidence le lien entre la consommation de poissons contaminés au mercure en Amazonie et des atteintes au système nerveux des populations riveraines. Nous reviendrons sur ces travaux dans une prochaine édition.
Les recherches du CINBIOSE liées à la problématique des conditions de travail des travailleuses et leur effet sur la santé ont alimenté l'encyclopédie du Bureau international du travail et ont servi à établir des revendications syndicales et des politiques gouvernementales au Québec, au Canada et en Europe dans les domaines de la santé des femmes et de la conciliation travail-famille. Mentionnons que le modèle de recherche et d'intervention du CINBIOSE est à la base d'un projet de collaboration avec l'Université de Carabobo au Venezuela.
Formation et encadrement
d'étudiants
En plus des résultats tangibles pour la santé, il faut ajouter aux réalisations des membres du Centre l'encadrement de plus de 60 étudiants provenant de plusieurs programmes de maîtrise et de doctorat et l'accueil de stagiaires de plusieurs pays d'Europe et d'Amérique latine. Les travaux du CINBIOSE ont aussi engendré des collaborations fructueuses avec de nombreux groupes de recherche québécois et canadiens, avec le Bureau international du travail et le Commonwealth, ainsi qu'avec des universités de plusieurs pays tels la Suède, l'Italie, le Venezuela, le Costa-Rica et le Brésil.
Dans les prochaines années, le CINBIOSE compte élargir ses activités au niveau international en y incluant des projets interdisciplinaires touchant le droit et la santé au travail, de même que les implications sociopolitiques de la pollution environnementale, des polluants persistants, des perturbateurs endocriniens et de la responsabilité publique de la qualité et de la gestion de l'eau.