La Commission des universités
sur les programmes (CUP) vient de
déposer son 7e rapport portant sur
les sciences de la terre, de l'eau et de
l'atmosphère. On y apprend,
notamment, que ces champs disciplinaires
comptent seulement 38 programmes et que
les effectifs étudiants y sont
plutôt modestes1. Toutefois, le
Québec occuperait une position
enviable dans ces secteurs en raison d'une
activité de recherche intense,
riche et variée. La production
scientifique, souligne la Commission, peut
compter sur la prédominance des
études supérieures - plus de
la moitié des étudiants sont
inscrits aux 2e et 3e cycles - et sur la
présence de nombreux centres de
recherche de réputation
internationale2. Enfin, la CUP constate
que les neuf universités qui
contribuent à l'offre de programmes
collaborent déjà
étroitement entre elles, une
pratique qu'elles sont néanmoins
invitées à intensifier afin
de pouvoir relever le défi
scientifique du prochain
millénaire.
Trois pôles régionaux en
sciences de la terre
La CUP
reconnaît l'existence de trois
pôles régionaux de formation
et de recherche en sciences de la terre,
soit Montréal (UQAM, McGill,
Polytechnique), Québec (Laval,
INRS-Géoressources) et Chicoutimi
(UQAC). Selon la Commission, ces
pôles doivent être maintenus
voire renforcés, et un effort accru
de concertation entre les
établissements est
recommandé. Par ailleurs, dans la
foulée des rationalisations qui ont
amené l'UdeM et Concordia à
fermer leur département de
géologie, les auteurs du rapport
s'inquiètent du sort
réservé aux collections
(minéralogiques,
pétrographiques et
paléontologiques) et aux
appareillages spécialisés
leur ayant appartenu. Aussi, souhaite-t-on
que des mesures soient prises afin
d'assurer la meilleure utilisation
possible de ce patrimoine. Par ailleurs,
la fermeture du département de
géologie de l'UdeM ayant mis un
terme à la collaboration avec
l'École Polytechnique, la CUP
recommande que cette dernière et
l'UQAM collaborent plus avant dans
l'enseignement des sciences de la terre,
compte tenu de l'étroite relation
existant entre la géologie et le
génie géologique.
Montréal : centre international
des sciences atmosphériques
La
réputation internationale dont
jouit le domaine des sciences
atmosphériques à
Montréal repose en grande partie,
selon la CUP, sur les travaux de recherche
que mènent les professeurs du
département des sciences
atmosphériques et océaniques
de McGill et les professeurs en sciences
de l'atmosphère du
département des sciences de la
terre de l'UQAM. Dans la mesure où
ces départements ont connu une
importante contrition de leur corps
professoral, et compte tenu qu'ils
collaborent déjà en
matière de recherche et
d'enseignement au 3e cycle, la CUP
recommande d'intensifier la concertation
au niveau de la maîtrise afin
d'enrichir la qualité de la
formation. Plus largement, la Commission
souhaite que soit mis sur pied, à
Montréal, un Institut des sciences
de la terre et de l'atmosphère
ayant pour modèle l'Institut des
sciences mathématiques. La
Commission souligne par ailleurs que le
Service de l'environnement
atmosphérique du Canada
prévoit une forte reprise de
l'embauche de
météorologistes au cours des
10 prochaines années.
Sciences de l'eau, océanographie
et télédétection
Comme les sciences de l'eau traversent les
frontières disciplinaires et en
raison des liens entre
météorologie et hydrologie,
la CUP invite l'université McGill
et l'UQAM, ainsi que l'INRS-Eau, à
mettre sur pied des programmes de
recherche conjoints dans ce domaine, tout
en s'assurant d'une
complémentarité entre les
cours offerts. En océanographie,
Rimouski est reconnue par la CUP comme un
pôle important. L'UQAR est
d'ailleurs invitée à
finaliser un projet de doctorat
interuniversitaire avec McGill et Laval
qui ont des expertises en
océanographie physique et
biologique. En
télédétection -
observation de la Terre à distance
à partir d'une plate-forme
aéroportée ou spatiale -, le
rôle de l'Université de
Sherbrooke, qui loge le plus important
centre de recherche dans ce domaine au
Canada, est souligné.
Des disciplines à faire
connaître
En conclusion de son
rapport, la CUP insiste sur la
nécessité de sensibiliser
les étudiants inscrits aux
baccalauréats en physique3, chimie,
biologie ou mathématiques à
la possibilité de poursuivre des
études supérieures en
sciences de la terre, de l'eau ou de
l'atmosphère. Enfin, on souhaite
que les enseignants fassent mieux
connaître ces champs disciplinaires
aux élèves du secondaire et
du collégial.
1 À l'automne 1996, on
dénombrait au Québec, tous
cycles confondus, près de 800
étudiants en sciences de la terre,
de l'eau et de l'atsmosphère. Avec
près des deux tiers des effectifs,
les sciences de la terre
représentent le secteur le plus
important. Fait à noter, le plus
fort contingent d'étudiants en
sciences de la terre, au Québec, se
retrouve à l'UQAM.
2 Parmi eux,
la CUP souligne le rôle joué
par le GEOTOP, un centre de recherche
rattaché à l'UQAM.
3 La
CUP recommande nommément que des
cours en sciences de l'atmosphère
soient prévus dans une future
intégration du baccalauréat
en physique entre les universités
montréalaises.