La Commission des études (CE) a adopté dernièrement un rapport intitulé «Majeures et mineures: document d'orientation». Produit par un groupe de réflexion1, ce rapport servira de document de référence auprès des Conseils académiques de Facultés pour l'élaboration de majeures et de mineures2. Le groupe de réflexion devait préciser les orientations à proposer à la communauté universitaire et clarifier la question de l'arrimage entre majeures et mineures.
Définition
Une mineure, qui comporte 30 crédits, ne peut que constituer la partie minoritaire d'une formation complète de baccalauréat de 90 crédits. C'est donc dans la partie dite majoritaire, soit dans la majeure de 60 crédits, que devrait se retrouver le pôle principal de la formation. Ainsi, un étudiant se dira formé en sciences des religions s'il réussit la majeure offerte en ce domaine, et ce quelle que soit la mineure qui y est associée. La majeure devrait donc, idéalement, comprendre la formation de base dans la discipline, le corpus essentiel des connaissances à y acquérir, ainsi que des habiletés plus complexes qui correspondent à ce que l'on retrouve normalement dans une troisième année de baccalauréat.
Décloisonner des programmes
Plusieurs raisons justifient l'adoption de la formule majeures-mineures. La plus importante, explique le rapport, c'est que «cela permet d'opérer un décloisonnement dans un certain nombre de programmes que l'on considère trop fermés, ou trop axés sur une même discipline plutôt que sur la formation». Par ailleurs, la mise en place de programmes à deux composantes principales est aussi un moyen de répondre à une diversité croissante d'objectifs personnels rencontrés chez les étudiants et qui ne coïncident pas nécessairement avec la logique disciplinaire présente dans la majorité des programmes.
Limites et difficultés
La formule comporte toutefois des limites et soulève certaines difficultés. D'une part, selon l'expérience vécue ailleurs, elle ne peut rejoindre une majorité d'étudiants. D'autre part, les programmes ne peuvent pas tous être structurés selon cette formule. C'est le cas des programmes professionnels ou encore des programmes déjà pluridisciplinaires. Quant à la principale difficulté, elle a trait au degré de spécialisation ou d'approfondissement de la formation. Une majeure de 60 crédits laisse forcément moins d'espace pour couvrir une discipline qu'un baccalauréat de 90 crédits.
Cohérence et intégration
Selon le groupe de réflexion, «un programme de type majeure-mineure ne doit pas être une simple juxtaposition de disciplines sans préoccupation particulière quant à l'intégration de la formation et sans qu'il y ait de liens entre les deux composantes principales». Aussi faut-il assurer une cohérence en fonction des disciplines elles-mêmes (par exemple, une majeure en mathématiques et une mineure en informatique). Cohérence qui peut aussi être une réponse à des exigences du marché du travail (majeure en économie associée à une mineure en relations internationales). Finalement, on doit veiller à l'intégration des deux composantes: la formation acquise dans un champ devrait pouvoir se transposer dans l'autre.
Des projets en vue
Le secteur où le développement d'une telle approche s'est manifesté le plus rapidement est celui des sciences humaines. Dans d'autres, l'intérêt a été exprimé de façon plus localisée. En sciences, des projets seraient en préparation du côté des mathématiques, tandis qu'en sciences de la gestion, des majeures et des mineures pourraient être développées en sciences économiques et en études urbaines.
Mais, comme le souligne le groupe de réflexion, la formation de type majeures-mineures doit respecter les deux grandes finalités du premier cycle: la préparation au marché du travail et celle aux études de cycles supérieurs.
- Ce groupe, qui était présidé par l'ancienne doyenne des études de premier cycle, comprenait Mme Antje Bettin, directrice de l'École de langues, et MM. Serge Alalouf (mathématiques), Jean Fisette (études littéraires), Jean-Pierre Gilbert (arts visuels), Georges Leroux (philosophie), Pierre Richard (informatique) et Réginald Trépanier qui a agi comme secrétaire du groupe et personne-ressource.
- Rappelons que la CE avait déjà approuvé, en janvier 1997, l'introduction de cette formule comme mode d'organisation des programmes de premier cycle et, depuis lors, un certain nombre de programmes, comportant ces deux composantes, ont vu le jour.