L'Institut des sciences mathématiques (ISM), un consortium de six
universités1 dont le siège permanent est dorénavant
situé à l'UQAM, a vu sa base de financement2 être
augmentée de manière substantielle par le ministère de
l'Éducation! La subvention accordée par le MEQ est en effet
passée de 125 000 $ par année pour la période 1995-1998,
à 210 000 $ par année pour la période 1998-2001. Une
nouvelle dont François Lalonde, professeur au département de
mathématiques et directeur de l'Institut, ne peut que se réjouir.
En effet, a-t-il tenu à souligner, «un tel montant, en scien- ces
mathématiques, correspond facilement à un budget de deux ou trois
millions en chimie ou en biologie, domaines où il y a beaucoup plus
d'expérimentations, de techniciens à embaucher, etc.»
Une École graduée unifiée
Cette réponse favorable
du ministère est toutefois loin d'être fortuite. En effet, l'ISM, de
l'avis même de la Commission des universités sur les programmes
(CUP)3, représente un modèle à suivre pour les autres
départements ou facultés car il constitue «une formidable
structure de concertation aux cycles supérieurs». C'est en 1991,
faut-il le rappeler, que les quatre universités montréalaises se
sont regroupées dans le but de créer une véritable
école graduée - maîtrise, doctorat, post-doctorat -
unifiée à Montréal en sciences mathématiques.
«Pour cela, dira M. Lalonde, il fallait mettre en place toute une
série de mesures en vue d'atteindre une masse critique qui ferait de
Montréal et du Québec un pôle d'excellence en Amérique
sur le plan de la formation et de la recherche en mathématiques. Avec un
tel regroupement des ressources matérielles et intellectuelles, il n'y
aurait plus de raisons d'envoyer systématiquement nos étudiants les
plus forts à l'étranger».
Sept ans plus tard, l'ISM a fait la preuve de son dynamisme. Parmi ses
réalisations, on compte, notamment, la coordination des cours de cycles
supérieurs et des séminaires offerts par les quatre
universités montréalaises; l'établissement de dix programmes
de recherche scientifique auxquels participent de nombreux chercheurs sans
égard à leur université d'attache; l'organisation d'un
colloque hebdomadaire où sont invitées des sommités venues
des quatre coins du globe; la mise sur pied d'un programme de bourses pour les
étudiants gradués et les stagiaires post-doctoraux; la tenue d'un
colloque étudiant pan-québécois et la rationalisation des
abonnements aux périodiques. Enfin, depuis septembre dernier, avec
l'adhésion des universités de Sherbrooke et Laval, l'ISM rassemble
toutes les universités québécoises offrant des programmes de
doctorat en mathématiques.
Les projets
Le financement accru du MEQ pour les trois prochaines
années devrait, selon M. Lalonde, faciliter l'intégration des deux
nouvelles universités membres, tout en permettant à l'Institut
d'élargir son éventail d'activités. Ainsi, l'ISM entend
élaborer un programme de liaison cégeps-universités afin que
les professeurs de niveau collégial puissent se familiariser avec les
développements récents de la recherche en mathématiques. De
plus, l'Institut envisage mettre en place un programme de stages dans l'industrie
sur la base de collaborations entre les universités membres et le milieu.
En outre, l'ISM prévoit organiser, conjointement avec le Centre de
recherches mathématiques de l'UdeM, des cours intensifs et des ateliers
(workshops) où les étudiants pourront côtoyer des
spécialistes de renommée mondiale oeuvrant dans des domaines
particulièrement novateurs. Enfin, tel que le recommandait la CUP, un
nouveau projet-pilote de coordination des cours avancés du
baccalauréat entre l'UdeM et l'UQAM devrait voir le jour dès l'an
prochain. Ces projets, de conclure M. Lalonde, permettront à l'ISM
d'assurer un meilleur arrimage de la formation supérieure en
mathématiques au Québec, et ce à tous les niveaux. Bref,
l'actuel directeur, qui en est à sa troisième année à
la tête de l'ISM et dont le mandat a été prolongé
jusqu'en juin 2000, n'aura guère le temps de chômer d'ici
là...!