Volume XXV Numéro 7, 7 DÉCEMBRE 1998
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LA UNE

Serge «Indiana» Lebel
Sur la piste de l'Homme de Néandertal


Jean-Claude Robert médaillé de la Société royale du Canada

Lutte contre les gaz à effet de serre


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Mieux connaître les forêts anciennes


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L'univers du roman québécois


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Un nouvel institut de formation dans le domaine du transport

UQAM verte
Consultation publique sur une politique environnementale


Un emploi d'été dans une autre province canadienne ?

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Appui aux victimes de l'ouragan Mitch

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Zoom sur Borduas photographe

Exploit en design graphique
Médaille d'argent lors de biennale de Mexico

Zoom sur Borduas photographe
MM. Raymond Montpetit et Gilles Lapointe, professeurs au département d'histoire de l'art.

Jusqu'au 12 janvier prochain, la Bibliothèque nationale du Québec (1700, rue Saint-Denis) présente l'exposition Paul-Émile Borduas photographe - Un regard sur Percé, été 1938. Conçue et préparée par Raymond Montpetit et Gilles Lapointe, professeurs au département d'histoire de l'art, cette exposition réunit 50 photographies, en noir et blanc, sélectionnées à partir d'un corpus qui en comporte presque 8001.

À l'été 1938, dix ans avant la parution de Refus global, à un moment où il commence tout juste à émerger comme peintre, Borduas réalise une série de photos des paysages côtiers et intérieurs de la région gaspésienne, et de Percé en particulier. Comme l'expliquent les deux commissaires de l'exposition, cette recherche photographique s'inscrit dans le cadre d'une vaste enquête, commandée alors par l'État québécois, sur les arts domestiques, l'artisanat et le tourisme. Mais l'artiste détournera, en partie du moins, les objectifs imposés par cette enquête. «Il s'agit, précise M. Montpetit, d'une expérience unique qui représente un aparté dans la vie de Borduas puisque celui-ci, après 1938, ne pratiquera plus le médium photographique». À cette époque, ajoute M. Lapointe, Borduas se sent frustré comme peintre. «Il travaille 40 heures par semaine à enseigner et la photographie prend alors la place de la peinture qu'il ne pouvait faire à ce moment-là. Comme si l'artiste avait reporté sur l'enquête photographique une partie de ses ambitions de peintre».

Les deux professeurs ont choisi de retenir des photos où l'on peut voir à l'oeuvre le regard de l'artiste. L'objet de sa recherche, avant d'être photographique, est proprement pictural. En photographiant les beautés naturelles de la région, soulignent-ils, Borduas s'est livré à une quête esthétique. Dans les études de paysage, il accorde une importance à la composition, au point de vue, au cadrage, aux contrastes de textures, aux équilibres formels et aux jeux de lumière. Il tente de capter la géographie physique dans une géométrie, dans un jeu de lignes et de perspectives. La mer, la nature, le sol figurent parmi les acteurs principaux. «D'ailleurs, ajoute M. Montpetit, Borduas n'a pas voulu jouer à l'ethnologue. Ainsi, les hommes sont tenus à distance et on ne retrouve pas de portraits pittoresques des habitants de la région ou de portraits psychologiques».

Dans un livre publié chez Fides, qui accompagne l'exposition, les commissaires rappellent que ce travail de l'été 1938 aura peut-être été un facteur déclencheur poussant le peintre à explorer de nouveaux horizons. «Précédant de peu la rencontre de Borduas avec le surréalisme et l'automatisme, les photos de 1938 apparaissent comme un de ces lieux secrets qui a gardé trace, à la manière d'un négatif, d'un profond travail sur soi». Des photos qui, en quelque sorte, «annoncent les formes nouvelles, plus intérieures et subjectives, autour desquelles le peintre orientera sa recherche picturale». Borduas, concluent-ils, n'a jamais revendiqué pour lui-même le titre de photographe. Longtemps considérée comme un art mineur face aux arts «nobles» que sont la peinture, la sculpture ou le théâtre, la photographie est pourtant parvenue à acquérir au fil des ans une reconnaissance que personne aujourd'hui ne songe à contester.


  1. Soulignons que cette exposition a d'abord été présentée l'été dernier à Percé. Elle sera à Bonaventure en février prochain et à Saint-Anne-des-Monts à l'été 1999.