Six ans après sa création, l'équipe masculine de soccer
de l'UQAM peut se vanter, cette année, d'avoir réussi tout un
exploit! Non seulement les Citadins ont remporté l'or au championnat
québécois (après avoir défait McGill et Concordia),
mais encore, ils se sont classés au troisième rang lors du
récent championnat canadien.
«C'est une victoire extraordinaire! Je suis très heureux pour les
joueurs!», de s'exclamer le gérant-général de
l'équipe, Michel Volet. Ce professeur de kinanthropologie maintenant
à la retraite, qui a participé à la fondation des Citadins
en 1993, a d'ailleurs tenu à rappeler que c'est la première fois
qu'une équipe de l'UQAM réalise une telle performance sur le plan
canadien.
Les Citadins
L'équipe de l'UQAM regroupe, il est vrai, 22
joueurs de très fort calibre. À preuve, cinq d'entre eux ont
été sélectionnés pour faire partie de l'équipe
d'Étoiles québécoise 1998. Bien plus, la plupart des joueurs
de l'UQAM ont déjà fait partie d'équipes nationales ou de
clubs civils1. Le fait qu'une dizaine d'athlètes soient de
nationalités différentes a toutefois soulevé la
difficulté de concilier divers styles de jeu. Comme le souligne
l'entraîneur Christophe Dutarte, chaque pays a sa façon de jouer:
«Le talent y était, c'est évident, mais il a fallu travailler
les lacunes par la discipline, la motivation et la concentration». Quant
à Michel Volet, il n'hésite pas à affirmer que
l'équipe a été remarquable. «Les joueurs ont
respecté les règles et le protocole de l'USIC [Union sportive
interuniversitaire canadienne]. Ils ont maîtrisé leurs
émotions pendant les matchs et ont adopté une attitude de
fair-play. Bref, ils ont choisi le jeu d'équipe et non le capital
individuel».
Concilier sport et études
Pour faire partie d'une équipe de la
USIC, il faut obligatoirement étudier à l'université
à temps plein. Si la plupart des joueurs sont inscrits au premier cycle,
deux sont candidats à la maîtrise alors que le capitaine, Christian
N'Dong, poursuit un doctorat en biologie. Comment les joueurs parviennent-ils
à concilier leurs études et les exigences du sport de
compétition? «Les joueurs, d'affirmer M. Volet, ce sont des
étudiants athlètes, pas des athlètes qui étudient.
La priorité va à l'académique. Mais lorsqu'on doit jouer
trois joutes en trois jours, en plein coeur de la session, il faut aussi avoir la
collaboration de plusieurs professeurs, ne serait-ce que pour accorder un
délai pour la remise d'un travail ou d'un examen. Nous avons obtenu ce
soutien à 100 %». Toujours selon Michel Volet, les joueurs de l'UQAM
sont très disciplinés et sérieux dans leurs études:
«La majorité obtient un niveau de réussite très
élevé».
Soutien à l'équipe
Il faut savoir que l'équipe carbure au
bénévolat depuis ses débuts et que les dépenses sont
souvent assumées par les joueurs, les entraîneurs et les fondateurs.
Toutefois, admet M. Volet, depuis que le Centre sportif a été mis
sur pied, l'équipe a reçu un appui financier plus constant, autant
de la direction que des employés du Centre. En outre, Coup-franc, le
magazine québécois de soccer, a commandité cette
année les deux équipes uqamiennes, tant féminine que
masculine. La récente performance des Citadins devrait cependant
s'avérer un atout de taille pour susciter l'intérêt d'autres
commanditaires. Mais le rêve du fondateur de l'équipe, ces temps-ci,
c'est qu'au moins 500 étudiants viennent encourager les joueurs et les
joueuses de soccer et que l'on puisse financer les équipes grâce un
prix d'entrée minimal. De plus, M. Volet aimerait bien pouvoir compter
sur l'appui de certains modules, «que ce soit en communications, pour
filmer les matchs et les diffuser sur le réseau interne, ou en marketing,
pour rechercher du financement et s'occuper de la vente des billets.» Reste
à voir si la réalité viendra confirmer ses espoirs.