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LA UNE Le CA désigne Gilbert Dionne
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C'est que le chercheur, ainsi que Roxanne Marenger, à l'époque étudiante au doctorat en biologie à l'UQAM, et Neil Price, professeur à l'Université McGill, ont observé que dans certaines régions marines - notamment dans le Pacifique équatorial - des algues microscopiques (phytoplancton) se nourrissent de bactéries afin de se procurer le fer nécessaire à leur survie. Du même souffle, les chercheurs ont découvert que ces microalgues n'assimilent qu'une partie seulement du fer que contiennent les bactéries et rejettent ensuite le reste sous forme dissoute dans l'océan. « C'est important dans le domaine de l'écologie de la haute mer. En saisissant le rôle de ces algues dans la régénération du fer dans l'océan, on a compris un phénomène apparemment incompréhensible, à savoir comment, dans certaines régions marines, il pouvait y avoir plus d'utilisateurs que de ressources... Un écueil sur lequel s'étaient butés auparavant les autres chercheurs dans le domaine ». Pas étonnant, dès lors, que la revue Nature ait publié les résultats de leurs travaux1. Quant à la possibilité que cette découverte puisse constituer une nouvelle arme pour combattre l'effet de serre, M. Bird demeure sceptique. Il est vrai que le phytoplancton a la capacité d'absorber du CO2 atmosphérique, gaz dont l'accroissement est responsable du réchauffement planétaire. Toutefois, faire jouer à la mer un rôle d'éponge, en y ensemençant d'importantes quantités de fer pour accroître les populations d'algues, ne sourit pas vraiment au chercheur. « Après que cette idée ait été lancée, on a procédé à des modélisations. Il faudrait fertiliser l'océan avec du fer pendant au moins 50 ans pour diminuer la pollution de 5 % ! [...] Et si on fertilise les mers avec une telle quantité de fer, on ne sait pas quelles en seront les conséquences pour les populations marines ». 1. R. Maranger, D. F. Bird et N. M. Price, « Iron acquisition by photosynthetic marine phytoplankton from ingested bacteria », Nature, vol. 396, 19 november 1998, pp. 248-251. |