Volume XXVI Numéro 11, 13 Mars 2000
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LA UNE



Mythes et Réalités de la Révolution tranquille

De l'UQAM à la Villa Médicis



SOMMAIRE DU NUMÉRO



Géographie contemporaine

L'UQAM chez les parlementaires

La science et la santé des travailleuses

Nouveaux programmes en urbanisme

L'histoire du Canada sur Internet

Rapport annuel de l'UQAM

Science et technologie au collégial

Le TOXEN se dote d'un microscope confocal

COLLOQUES

  • Pour mieux combattre le racisme
  • Développer une carrière
  • Soutien financier aux étudiants en aménagement forestier

    Succès au concours de plaidoirie Gale

    Prix Jean-Jacques Rousseau

    Concours FODAR

    Société royale du Canada

    Prix remis à Jacques Hétu

    Orphée aux Enfers

    VITE LU
    Nombreuses personnalités au rendez-vous

    Mythes et réalités de la Révolution tranquille
    Des acteurs bien connus de la Révolution tranquille : Paul Desmarais, président de Power Corporation; Louis Laberge de la FTQ et René Lévesque, président du Parti Québécois.
    Les 30, 31 mars et 1er avril prochains, l'UQAM organise un grand colloque sur La Révolution tranquille : 40 ans plus tard..., et ce en présence de nombreuses personnalités du monde politique, socio-économique et culturel. Cet événement s'inscrit dans le cadre de la série, initiée en 1987, des colloques consacrés aux leaders politiques et aux institutions du Québec contemporain1. Y a-t-il eu une révolution tranquille et, si oui, ses enjeux sont-ils toujours d'actualité? Quel bilan peut-on tracer des réformes associées à cette période et quel fut leur impact sur l'évolution de la société québécoise? Autant de questions qui se retrouveront au coeur des discussions. D'autres thèmes seront également débattus : le dossier de la santé, la démocratisation de l'éducation, le modèle économique québécois, l'ébullition culturelle et la question nationale québécoise. Conformément à la tradition, des points de vue différents d'acteurs appartenant à diverses générations seront présentés de façon à refléter l'ensemble des positions qui traversent la société québécoise.

    Un colloque pas comme les autres
    Comme l'explique Yves Bélanger, un des organisateurs du colloque2 et professeur au Département de science politique, il s'agit de s'interroger sur l'actualité de la Révolution tranquille. « Un thème qui est dans l'air du temps puisque l'on assiste en ce moment à la remise en question de certains de ses grands dogmes, comme l'universalité dans les services sociaux et le rôle interventionniste de l'État. Aussi, il sera particulièrement intéressant d'entendre le point de vue d'artisans de la Révolution tranquille qui, à l'époque, ont été impliqués activement dans les processus décisionnels ». D'ailleurs, faire appel à la contribution d'acteurs sociaux, économiques ou politiques, en plus de celle des scientifiques (historiens, politologues, sociologues, économistes, etc.), constitue justement une des caractéristiques originales de ce colloque et de ceux qui l'ont précédé. Cette année, ajoute M. Bélanger, nous tenterons de répondre davantage aux attentes et aux besoins des étudiants. En outre, et c'est une première, deux grandes conférences publiques ont été prévues : celle donnée par Stéphane Dion, ministre des Affaires intergouvernementales du Canada, et celle prononcée par Jacques Parizeau, ex-premier ministre du Québec3.

    Rupture ou continuité?
    Pour Yves Bélanger, le concept de Révolution tranquille est assez flou. Selon lui, il n'existe pas de consensus sur ce qu'a pu représenter cette période dans l'évolution de la société québécoise. « Deux grandes écoles de pensée s'affrontent autour de cette question. Certains considèrent que la Révolution tranquille a constitué un moment de rupture, tandis que d'autres estiment qu'elle s'inscrit dans la continuité des années 50. Un courant, apparu dans les années 70 et aujourd'hui dominant, soutient que la société québécoise, au moment où s'amorce la Révolution tranquille, se trouve déjà dans un processus de transformation profonde. Un autre courant, qui s'est développé au cours des années 90, conteste cette vision et insiste davantage sur les points de rupture. Enfin, on ne s'entend pas non plus sur la périodisation. Du côté des sensibilités syndicales et populaires, on considère que la Révolution tranquille a pris fin vers 1966, alors que d'autres parlent du milieu des années 80 ».
    M. Yves Bélanger, membre du Comité organisateur du colloque et professeur au Département de science politique.

    La perception des jeunes
    Comment les étudiants en sciences humaines, ceux de science politique en particulier, perçoivent-ils cette période? Leurs sentiments sont partagés, affirme M. Bélanger. « Certains ont tendance à penser que le fardeau très lourd qu'ils ont à porter, sur le plan économique notamment, leur a été légué en bonne partie par la Révolution tranquille. D'autres sont très intéressés par cette période où tout semblait possible, ou presque, sur le plan politique, ainsi que par l'ébullition sociale et culturelle qui l'a caractérisée ». Plusieurs parmi eux, souligne-t-il, ne se reconnaissent plus dans les partis politiques actuels, tant sur la scène fédérale que provinciale. « Le récent Sommet de la jeunesse et les événements qui l'ont entouré l'illustrent assez bien. On sent de leur part une volonté de changer des choses. Est-ce la fin du sentiment d'impuissance? Il est encore trop tôt pour porter un jugement définitif, mais il semble bien que l'intérêt pour l'action militante soit plus grand qu'il y a quatre ou cinq ans ». À noter que 80 % des personnes qui se sont inscrites au colloque, jusqu'à présent, sont des étudiants.

    On peut s'inscrire sur le site Internet du colloque. Les coûts sont de 40 $, taxes comprises, et c'est gratuit pour les étudiants et les sans emploi. Renseignements : (514) 987-3000, poste 6964.

    1. Ces colloques sont sous la responsabilité scientifique conjointe de plusieurs départements, dont ceux d'histoire, de science politique et de sociologie. Ils sont ouverts tant à la communauté scientifique qu'au grand public. Leur objectif est de permettre de développer de nouveaux champs de réflexion sur le Québec moderne.

    2. Outre M. Bélanger, les autres membres du comité organisateur du colloque sont Robert Comeau et Richard Desrosiers, professeurs au Département d'histoire, Céline Métivier, candidate au doctorat en science politique, Pierre Parent, secrétaire général et adjoint au recteur intérimaire, ainsi que Francine Jacques, agente d'information au Service de l'information et des relations publiques. Les professeurs Gilles Bourque (sociologie), Dorval Brunelle (sociologie) et Claude Corbo (science politique), ainsi que Martial Filion (conseiller), ont également participé à la conception du programme du colloque.

    3. La conférence de M. Dion, qui portera sur « le rôle moteur du gouvernement canadien dans la Révolution tranquille » aura lieu le jeudi 30 mars à 13 h, à la salle R-M130 (pavillon des sciences de la gestion). Celle de M. Parizeau, qui fera le point sur le projet souverainiste, se tiendra le vendredi 31 mars à 13 h au même endroit.