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ACFAS:
Quatre chercheurs de l'UQAM parmi les lauréats
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Quatre chercheurs de
l'UQAM parmi les lauréats ! Aucun doute, la
recherche se porte bien à l'UQAM ! En effet, trois
professeurs et un étudiant comptent parmi les
lauréats des 11 prix scientifiques attribués
cette année par l'Association
canadienne-française pour l'avancement des sciences
(ACFAS). Il s'agit des professeurs Yves Bergeron (Prix
Michel-Jurdant, sciences de l'environnement), Josiane
Boulad-Ayoub (Prix des sciences humaines), Mircea-Alexandru
Mateescu (Prix J.-Armand-Bombardier, innovation
technologique) et de l'étudiant-chercheur Benoit
Charbonneau (Prix Desjardins d'excellence pour
étudiants-chercheurs, maîtrise - toutes
disciplines). Les prix de l'ACFAS, décernés
récemment lors de son Gala de la science, viennent
souligner les contributions remarquables de professeurs et
d'étudiants dans différents domaines de
recherche. Rappelons que, depuis 1944, l'ACFAS s'associe
avec le milieu des affaires pour récompenser des
chercheurs scientifiques émérites. Les
lauréats reçoivent une médaille de
bronze ou un objet commémoratif, ainsi qu'une bourse
de 2 500 $. Gala de la science de l'ACFAS. Au premier rang,
de gauche à droite, Mme Louise Dandurand,
vice-rectrice à la recherche, à la
création et à la planification
stratégique à l'UQAM, Mme Josiane
Boulad-Ayoub (philosophie), Mme Paule Leduc,
rectrice. Au second rang, M. Yves Bergeron
(sciences biologiques), M. Jean Rochon, ministre de
la Recherche, de la Science et de la Technologie du
Québec, et M. Mircea-Alexandru Matesscu
(biochimie). Est absent sur la photo, M. Benoit
Charbonneau (mathématiques). Yves
Bergeron Pour
une forêt saine Bien
avant que les forêts boréales ne
soient à la mode, Yves Bergeron consacrait
ses travaux de recherche à l'étude
des écosystèmes forestiers et
à l'historique des perturbations naturelles.
Son approche originale a fourni un éclairage
nouveau, tant au niveau des connaissances
théoriques que sur la façon de
concevoir l'aménagement du territoire
forestier dans une perspective de
développement durable. Ainsi, en utilisant
des simulations, il a démontré que le
réchauffement climatique serait
accompagné non pas d'une augmentation des
feux dans la forêt boréale du sud du
Québec, mais d'une diminution. «
Recevoir le Prix Michel-Jurdant me fait très
plaisir, avoue le chercheur. Mes travaux
s'inspirent de ceux de M. Jurdant qui a toujours
essayé de trouver des applications
concrètes à ses travaux de recherche
fondamentale ». Titulaire de la Chaire
industrielle CRSNG-UQAT-UQAM en aménagement
forestier durable, inaugurée l'an dernier,
M. Bergeron se fait un devoir de contribuer, par
ses travaux, à l'amélioration des
pratiques sylvicoles. Le Conseil de la recherche
forestière du Québec lui remettait
d'ailleurs en 1997 son premier Prix Méritas
de la recherche forestière. Professeur
au Département des sciences biologiques
depuis 1985, l'éminent chercheur de
réputation internationale est le fondateur
du Groupe de recherche en écologie
forestière (GREF), qui réunit
maintenant cinq universités
québécoises. La qualité
exceptionnelle des recherches qui s'y effectuent
ont procuré au groupe l'enviable statut de
Centre de recherche du Fonds pour la formation des
chercheurs et l'aide à la recherche
(FCAR). Au
cours des 10 dernières années, le
chercheur prolifique a cosigné près
de 70 articles dans des revues scientifiques de
calibre international. Ce qui ne l'a pas
empêché de donner 28 cours en
écologie végétale,
générale et forestière, et de
diriger 31 étudiants à la
maîtrise et quatre au doctorat. On ne
s'étonne pas de voir tant de talent et de
générosité reconnus.
Monsieur Yves Bergeron Josiane
Boulad-Ayoub Un
combat pour l'humanisme «Mon
combat est à l'image de celui des
philosophes des Lumières, soit faire
l'éducation de la philosophie pour le plus
grand nombre ». C'est en ces termes que Marie
Josiane Boulad-Ayoub résume le sens de ses
recherches. Mme
Boulad-Ayoub s'est fait connaître pour ses
travaux d'envergure dans les domaines de l'histoire
des idées au XVIIIe siècle et de la
théorie philosophique. Chercheure reconnue
dans le monde entier pour sa contribution à
l'étude des idéaux des
Lumières, elle a multiplié les
interventions et les publications, tout en
participant à l'organisation d'importants
colloques internationaux. « J'ai toujours cru,
souligne-t-elle, à la
fécondité du croisement entre la
philosophie et les sciences humaines. Mes
recherches logent à l'enseigne de
l'interdisciplinarité ». Active
au sein de nombreuses institutions, associations et
sociétés savantes, Mme Boulad-Ayoub
fut présidente de l'Association canadienne
de philosophie et de la Société de
philosophie du Québec. Plus
récemment, Mme Boulad-Ayoub participait
à la création, à l'UQAM, de la
Chaire UNESCO d'étude des fondements
philosophiques de la justice et de la
société démocratique. Cette
Chaire, dont Mme Boulad-Ayoub est la titulaire, est
la première de l'UNESCO en Amérique
du Nord dans le domaine de la philosophie. «
La Chaire UNESCO-UQAM, précise-t-elle,
représente un espace de liberté
où l'on peut résister à la
pensée unique, un lieu vivant où l'on
peut débattre des questions
d'égalité et de justice ». Ce
dont elle est le plus fière, quand elle
porte un regard sur le passé, c'est d'avoir
réussi, avec d'autres collègues,
à convaincre Camille Laurin, à
l'époque où il était ministre
de l'Éducation, de ne pas supprimer un cours
de philosophie commun et obligatoire pour les
étudiants du collégial. « J'ai
eu alors l'impression que la théorie donnait
la main à la pratique et que cela avait un
effet concret ! »
Madame Josiane Boulad-Ayoub Mircea-Alexandru
Mateescu Une
découverte majeure Créé
en 1980 en l'honneur du plus célèbre
des inventeurs québécois, le Prix
J.-Armand-Bombardier a pour but de
reconnaître une innovation technologique dont
la commercialisation a entraîné un
succès économique. Avant même
d'avoir atteint un marché qui s'annonce
lucratif, la découverte du Contramid
[TM], une technologie de libération
contrôlée de médicaments,
mérite à ses auteurs la
reconnaissance de leurs pairs. L'équipe
lauréate est composée de Louis
Cartillier, Vincent Lenaerts, Yves Dumoulin ainsi
que du professeur du Département de chimie
Mircea-Alexandru Mateescu. Grâce
à l'amylose réticulé, le nom
d'origine du Contramid [TM], l'industrie
pharmaceutique s'apprête à produire
une large gamme de médicaments plus
performants et moins coûteux. Ce
polymère dérivé de l'amidon de
maïs que l'on couple à un
médicament prolonge l'action d'un
comprimé sur une période allant
jusqu'à 24 heures. À cette
percée déjà significative,
signalons que l'amidon de maïs est
dépourvu de toute toxicité, et qu'en
réduisant la posologie, on augmente la
fidélité au traitement. En outre, le
système d'une simplicité remarquable
devrait entraîner une réduction
importante des coûts de production et du prix
de vente des médicaments ainsi
formulés. On comprend l'intérêt
qu'a suscité la découverte qui s'est
faite en 1990, dans les laboratoires de chimie de
l'UQAM, par le professeur Mateescu et
l'étudiant Yves Dumoulin dont il dirigeait
les travaux de maîtrise. M. Lenaerts, puis M.
Cartillier de l'Université de
Montréal ont ensuite intégré
l'équipe. Trois brevets protègent la
découverte à travers 27
pays. «
Nous sommes bien contents de recevoir ce prix
prestigieux, souligne le professeur Mateescu. C'est
très encourageant pour nous et pour les
étudiants qui poursuivent les travaux
». Directeur du programme de doctorat en
biochimie, le professeur d'origine roumaine qui a
joint l'UQAM en 1987 s'intéresse à la
céruloplasmine ainsi qu'aux interactions
protéines-saccharides. Ces projets
présentent eux aussi une importance majeure
pour le domaine biomédical au Canada et sur
le plan international.
Monsieur Mircea-Alexandru Mateescu Benoit
Charbonneau La
passion des mathématiques «Il
faudrait pouvoir inventer une note au-dessus
d'excellent! », voilà comment l'un des
membres du jury chargé d'évaluer le
mémoire de maîtrise de Benoit
Charbonneau s'est exprimé après avoir
pris connaissance du précieux manuscrit
traitant du théorème Riemann-Roch du
point de vue de la géométrie
algébrique. Premier
représentant étudiant à la
Société mathématique du
Canada, Benoit Charbonneau possède, sans
conteste, la « bosse des maths » : il a
obtenu la médaille d'argent du Gouverneur
général du Canada pour les meilleurs
résultats au bac, s'est classé
troisième pour la prestigieuse bourse Rhodes
et a reçu une bourse du Conseil de recherche
en sciences naturelles et génie (CRSNG),
pour ne nommer que ces distinctions-là!
Toutefois, selon Pierre Bouchard, son directeur de
mémoire, « Benoit n'est pas pour autant
du genre à travailler seul dans son coin ou
à s'enfermer dans une tour d'ivoire ».
Un coup d'oeil sur son cv permet d'ailleurs de s'en
rendre compte : outre son implication au LACIM, il
a siégé au Conseil de module de
mathématiques, a participé aux
activités d'accueil des nouveaux
étudiants et a été
président de l'Association
générale des étudiants et
étudiantes en
mathématiques. Actuellement,
il poursuit des études doctorales au
Massachussetts Institute of Technology (MIT)
où il s'intéresse aux
équations de la théorie de jauges, en
particulier aux équations de Seiberg-Witten.
Son objectif est de devenir un grand
spécialiste de la géométrie
symplectique, un domaine qui est
présentement la source d'un nouvel
intérêt à l'échelle
mondiale et dans lequel, à ce jour, le
Canada compte peu d'experts. Quant à ses
projets, « le rêve, dit-il, serait de
revenir au Québec et trouver un poste dans
une université, préférablement
l'UQAM ». Il souhaite toutefois que d'ici
là, cette dernière trouve une
solution aux moyennes-cibles qu'il considère
trop élevées &endash; bien
au-delà de 40 en mathématiques
&endash; et qui, selon lui, causent un grand tort
au programme de bac. Il garde néanmoins un
excellent souvenir de ses études à
l'UQAM. Le Prix de l'ACFAS, a-t-il tenu à
ajouter, « représente pour moi toute la
qualité du Département de
mathématiques de l'Université. Sans
les gens merveilleux que j'y ai rencontrés,
je n'aurais pas pu obtenir ce prix ».
Monsieur Benoit Charbonneau |
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