Volume XXVI Numéro 2, 27 SEPTEMBRE 1999
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ACFAS: Quatre chercheurs de l'UQAM parmi les lauréats !

Paris-Dauphine et l'UQAM s'associent pour créer un programme de MBA

Deux nouvelles chaires en sciences


SOMMAIRE DU NUMÉRO

 

ACFAS: Quatre chercheurs de l'UQAM parmi les lauréats !

Paris-Dauphine et l'UQAM s'associent pour créer un programme de MBA

Deux nouvelles chaires en sciences

Deux professeurs à la Société royale du Canada

Une rentrée réussie dans les CEU!

CRSH 1999-2000 Excellente performance de l'UQAM

Une Faculté désigne un vice-doyen à la recherche

La restructuration du DSA Appliquer ce que l'on enseigne

Formation à distance en tourisme

Petits-déjeuners-causeries Pour échanger avec les diplômés

Deux ententes de partenariat IBM-ESG

Des emplois étudiants pour contrer l'abandon

Programmes d'échanges de la CREPUQ 50 000 $ en bourses

Collation des grades Changements au programme

Informatique de gestion Accréditation du bac par l'ACI

Sonnez et rentrez! Les SVE accueillent les étudiants

Relations publiques Une première cohorte de diplômés

Mois de la photo à Montréal Roberto Pellegrinuzzi épate la Galerie!

Titres d'ici

Premiers diplômés en gestion industrielle du vêtement

Nominations
Fondation de l'UQAM
Centre de design

Yves Gingras au CA du CRSH

COLLOQUE
Edgar Allan Poe


SOUTENANCES DE THÈSE

VITE LU

L'UQAM a formé 25 % des nouveaux diplômés CMA

Prix du ministre

Gérald Larose professeur invité

Exposition Entre deux temps



Architecture au Centre de design

Affiliation à l'École Sport-études

Jeux panaméricains L'or en haltérophilie



Prix scientifiques de l'ACFAS

Quatre chercheurs de l'UQAM parmi les lauréats !

Aucun doute, la recherche se porte bien à l'UQAM ! En effet, trois professeurs et un étudiant comptent parmi les lauréats des 11 prix scientifiques attribués cette année par l'Association canadienne-française pour l'avancement des sciences (ACFAS). Il s'agit des professeurs Yves Bergeron (Prix Michel-Jurdant, sciences de l'environnement), Josiane Boulad-Ayoub (Prix des sciences humaines), Mircea-Alexandru Mateescu (Prix J.-Armand-Bombardier, innovation technologique) et de l'étudiant-chercheur Benoit Charbonneau (Prix Desjardins d'excellence pour étudiants-chercheurs, maîtrise - toutes disciplines). Les prix de l'ACFAS, décernés récemment lors de son Gala de la science, viennent souligner les contributions remarquables de professeurs et d'étudiants dans différents domaines de recherche. Rappelons que, depuis 1944, l'ACFAS s'associe avec le milieu des affaires pour récompenser des chercheurs scientifiques émérites. Les lauréats reçoivent une médaille de bronze ou un objet commémoratif, ainsi qu'une bourse de 2 500 $.

Gala de la science de l'ACFAS. Au premier rang, de gauche à droite, Mme Louise Dandurand, vice-rectrice à la recherche, à la création et à la planification stratégique à l'UQAM, Mme Josiane Boulad-Ayoub (philosophie), Mme Paule Leduc, rectrice. Au second rang, M. Yves Bergeron (sciences biologiques), M. Jean Rochon, ministre de la Recherche, de la Science et de la Technologie du Québec, et M. Mircea-Alexandru Matesscu (biochimie). Est absent sur la photo, M. Benoit Charbonneau (mathématiques).

Yves Bergeron

Pour une forêt saine

Bien avant que les forêts boréales ne soient à la mode, Yves Bergeron consacrait ses travaux de recherche à l'étude des écosystèmes forestiers et à l'historique des perturbations naturelles. Son approche originale a fourni un éclairage nouveau, tant au niveau des connaissances théoriques que sur la façon de concevoir l'aménagement du territoire forestier dans une perspective de développement durable. Ainsi, en utilisant des simulations, il a démontré que le réchauffement climatique serait accompagné non pas d'une augmentation des feux dans la forêt boréale du sud du Québec, mais d'une diminution.

« Recevoir le Prix Michel-Jurdant me fait très plaisir, avoue le chercheur. Mes travaux s'inspirent de ceux de M. Jurdant qui a toujours essayé de trouver des applications concrètes à ses travaux de recherche fondamentale ». Titulaire de la Chaire industrielle CRSNG-UQAT-UQAM en aménagement forestier durable, inaugurée l'an dernier, M. Bergeron se fait un devoir de contribuer, par ses travaux, à l'amélioration des pratiques sylvicoles. Le Conseil de la recherche forestière du Québec lui remettait d'ailleurs en 1997 son premier Prix Méritas de la recherche forestière.

Professeur au Département des sciences biologiques depuis 1985, l'éminent chercheur de réputation internationale est le fondateur du Groupe de recherche en écologie forestière (GREF), qui réunit maintenant cinq universités québécoises. La qualité exceptionnelle des recherches qui s'y effectuent ont procuré au groupe l'enviable statut de Centre de recherche du Fonds pour la formation des chercheurs et l'aide à la recherche (FCAR).

Au cours des 10 dernières années, le chercheur prolifique a cosigné près de 70 articles dans des revues scientifiques de calibre international. Ce qui ne l'a pas empêché de donner 28 cours en écologie végétale, générale et forestière, et de diriger 31 étudiants à la maîtrise et quatre au doctorat. On ne s'étonne pas de voir tant de talent et de générosité reconnus.


Monsieur Yves Bergeron

Josiane Boulad-Ayoub

Un combat pour l'humanisme

«Mon combat est à l'image de celui des philosophes des Lumières, soit faire l'éducation de la philosophie pour le plus grand nombre ». C'est en ces termes que Marie Josiane Boulad-Ayoub résume le sens de ses recherches.

Mme Boulad-Ayoub s'est fait connaître pour ses travaux d'envergure dans les domaines de l'histoire des idées au XVIIIe siècle et de la théorie philosophique. Chercheure reconnue dans le monde entier pour sa contribution à l'étude des idéaux des Lumières, elle a multiplié les interventions et les publications, tout en participant à l'organisation d'importants colloques internationaux. « J'ai toujours cru, souligne-t-elle, à la fécondité du croisement entre la philosophie et les sciences humaines. Mes recherches logent à l'enseigne de l'interdisciplinarité ».

Active au sein de nombreuses institutions, associations et sociétés savantes, Mme Boulad-Ayoub fut présidente de l'Association canadienne de philosophie et de la Société de philosophie du Québec. Plus récemment, Mme Boulad-Ayoub participait à la création, à l'UQAM, de la Chaire UNESCO d'étude des fondements philosophiques de la justice et de la société démocratique. Cette Chaire, dont Mme Boulad-Ayoub est la titulaire, est la première de l'UNESCO en Amérique du Nord dans le domaine de la philosophie. « La Chaire UNESCO-UQAM, précise-t-elle, représente un espace de liberté où l'on peut résister à la pensée unique, un lieu vivant où l'on peut débattre des questions d'égalité et de justice ». Ce dont elle est le plus fière, quand elle porte un regard sur le passé, c'est d'avoir réussi, avec d'autres collègues, à convaincre Camille Laurin, à l'époque où il était ministre de l'Éducation, de ne pas supprimer un cours de philosophie commun et obligatoire pour les étudiants du collégial. « J'ai eu alors l'impression que la théorie donnait la main à la pratique et que cela avait un effet concret ! »


Madame Josiane Boulad-Ayoub

Mircea-Alexandru Mateescu

Une découverte majeure

Créé en 1980 en l'honneur du plus célèbre des inventeurs québécois, le Prix J.-Armand-Bombardier a pour but de reconnaître une innovation technologique dont la commercialisation a entraîné un succès économique. Avant même d'avoir atteint un marché qui s'annonce lucratif, la découverte du Contramid [TM], une technologie de libération contrôlée de médicaments, mérite à ses auteurs la reconnaissance de leurs pairs. L'équipe lauréate est composée de Louis Cartillier, Vincent Lenaerts, Yves Dumoulin ainsi que du professeur du Département de chimie Mircea-Alexandru Mateescu.

Grâce à l'amylose réticulé, le nom d'origine du Contramid [TM], l'industrie pharmaceutique s'apprête à produire une large gamme de médicaments plus performants et moins coûteux. Ce polymère dérivé de l'amidon de maïs que l'on couple à un médicament prolonge l'action d'un comprimé sur une période allant jusqu'à 24 heures. À cette percée déjà significative, signalons que l'amidon de maïs est dépourvu de toute toxicité, et qu'en réduisant la posologie, on augmente la fidélité au traitement. En outre, le système d'une simplicité remarquable devrait entraîner une réduction importante des coûts de production et du prix de vente des médicaments ainsi formulés. On comprend l'intérêt qu'a suscité la découverte qui s'est faite en 1990, dans les laboratoires de chimie de l'UQAM, par le professeur Mateescu et l'étudiant Yves Dumoulin dont il dirigeait les travaux de maîtrise. M. Lenaerts, puis M. Cartillier de l'Université de Montréal ont ensuite intégré l'équipe. Trois brevets protègent la découverte à travers 27 pays.

« Nous sommes bien contents de recevoir ce prix prestigieux, souligne le professeur Mateescu. C'est très encourageant pour nous et pour les étudiants qui poursuivent les travaux ». Directeur du programme de doctorat en biochimie, le professeur d'origine roumaine qui a joint l'UQAM en 1987 s'intéresse à la céruloplasmine ainsi qu'aux interactions protéines-saccharides. Ces projets présentent eux aussi une importance majeure pour le domaine biomédical au Canada et sur le plan international.


Monsieur Mircea-Alexandru Mateescu

 

Benoit Charbonneau

La passion des mathématiques

«Il faudrait pouvoir inventer une note au-dessus d'excellent! », voilà comment l'un des membres du jury chargé d'évaluer le mémoire de maîtrise de Benoit Charbonneau s'est exprimé après avoir pris connaissance du précieux manuscrit traitant du théorème Riemann-Roch du point de vue de la géométrie algébrique.

Premier représentant étudiant à la Société mathématique du Canada, Benoit Charbonneau possède, sans conteste, la « bosse des maths » : il a obtenu la médaille d'argent du Gouverneur général du Canada pour les meilleurs résultats au bac, s'est classé troisième pour la prestigieuse bourse Rhodes et a reçu une bourse du Conseil de recherche en sciences naturelles et génie (CRSNG), pour ne nommer que ces distinctions-là! Toutefois, selon Pierre Bouchard, son directeur de mémoire, « Benoit n'est pas pour autant du genre à travailler seul dans son coin ou à s'enfermer dans une tour d'ivoire ». Un coup d'oeil sur son cv permet d'ailleurs de s'en rendre compte : outre son implication au LACIM, il a siégé au Conseil de module de mathématiques, a participé aux activités d'accueil des nouveaux étudiants et a été président de l'Association générale des étudiants et étudiantes en mathématiques.

Actuellement, il poursuit des études doctorales au Massachussetts Institute of Technology (MIT) où il s'intéresse aux équations de la théorie de jauges, en particulier aux équations de Seiberg-Witten. Son objectif est de devenir un grand spécialiste de la géométrie symplectique, un domaine qui est présentement la source d'un nouvel intérêt à l'échelle mondiale et dans lequel, à ce jour, le Canada compte peu d'experts. Quant à ses projets, « le rêve, dit-il, serait de revenir au Québec et trouver un poste dans une université, préférablement l'UQAM ». Il souhaite toutefois que d'ici là, cette dernière trouve une solution aux moyennes-cibles qu'il considère trop élevées &endash; bien au-delà de 40 en mathématiques &endash; et qui, selon lui, causent un grand tort au programme de bac. Il garde néanmoins un excellent souvenir de ses études à l'UQAM. Le Prix de l'ACFAS, a-t-il tenu à ajouter, « représente pour moi toute la qualité du Département de mathématiques de l'Université. Sans les gens merveilleux que j'y ai rencontrés, je n'aurais pas pu obtenir ce prix ».


Monsieur Benoit Charbonneau