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En finir avec le sous-financement chronique
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Cette recherche reposera sur une enquête approfondie auprès d'un échantillon important de militantes et de militants des deux grands partis politiques provinciaux, le Parti Québécois et le Parti Libéral. « Elle se mènera, précise Mme Tardy, en partenariat avec des représentants de ces partis, ainsi qu'avec l'Association féminine d'éducation et d'action sociales (AFEAS) et le Conseil québécois du statut de la femme. Des organismes qui sont intéressés à connaître les causes de la sous-représentation politique des femmes ». L'objectif principal consiste à identifier, analyser et comprendre les raisons pour lesquelles, aujourd'hui, peu de militantes, par rapport aux militants, posent leur candidature pour des postes électifs. Ce projet s'inscrit dans le prolongement de travaux antérieurs menés dans les années 80, sous la direction de Mme Tardy, sur les différences et les similitudes entre l'action des hommes et des femmes en politique, dans les partis municipaux, dans les syndicats et divers groupes de femmes au Québec. Diverses hypothèses seront vérifiées tout au long de la recherche : 1) Les militantes des grands partis provinciaux font face à des contraintes spécifiques qui les découragent à poser leur candidature lors des élections provinciales. Des contraintes d'ordre social et d'autres qui relèvent du système politique lui-même et de la culture organisationnelle des partis; 2) Proportionnellement moins nombreuses à occuper des postes stratégiques dans leur parti, ces militantes sont aussi moins sollicitées que leurs collègues masculins de poser leur candidature comme députées; 3) Parmi les personnes invitées à poser leur candidature, les femmes sont proportionnellement plus nombreuses à avoir refusé de le faire, soit pour des raisons personnelles (famille, enfants, emploi), soit en raison d'un manque d'appui et de relations au sein du parti, ou encore d'un faible soutien financier; 4) Les militantes, toujours proportionnellement, privilégient moins un plan de carrière que leurs homologues masculins; 5) À un niveau hiérarchique plus élevé et pour des raisons différentes, les militants et les militantes sont peu favorables aux mesures d'action positive en faveur des femmes dans leur propre parti. Selon Mme Tardy, la recherche vise surtout à identifier des mesures concrètes pouvant faciliter les candidatures féminines. « Aucune autre recherche du même type n'a été réalisée au Québec et au Canada ». Sur le plan méthodologique, 3 000 questionnaires, élaborés avec les partenaires, seront envoyés aux militants et militantes des partis. Des entrevues en profondeur seront menées avec ces derniers ainsi qu'avec des dirigeants des partis. Enfin, des documents des organisations politiques feront l'objet d'une analyse de contenu. « Notre démarche sera rigoureusement scientifique afin que les résultats de nos enquêtes ne puissent être contestés », soutient Mme Tardy. Quant aux retombées de la recherche, elles seront nombreuses : dossiers et recommandations pour les partenaires, articles pour les journaux et les revues scientifiques, série de conférences et publication d'un livre. 1. Parmi les collaborateurs de Mme Tardy, mentionnons M. Guy Bédard (UQAM), Mme Lucie Desrochers, M. Joël Gauthier, secrétaire général du Parti Libéral du Québec et Mme Lucie Papineau, députée du Parti Québécois. |