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Plan d'action du Vice-rectorat à la formation | ||||||||||||||||||||||||||||
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Plan d'action du Vice-rectorat à la formation
| In Memoriam Hugues Leblanc (1924-1999) Celui que l'on peut à juste titre considéré comme l'un des meilleurs logiciens que le Québec, et sans doute l'un des meilleurs que le Canada tout entier, ait jamais vu naître sur son sol, est décédé aux États-Unis le 10 septembre dernier. Hugues Leblanc est mort dans son pays d'adoption, après avoir connu une brillante carrière : il aura été un philosophe de réputation internationale, et il laisse derrière lui une oeuvre scientifique tout à fait impressionnante.
[...] il se voit offrir un poste au réputé Bryn Mawr College (Pennsylvanie), où il enseigne jusqu'en 1967, année où il se joint au département de philosophie de Temple University (Philadelphie). À sa retraite un quart de siècle plus tard, en 1992, il accepte un poste de professeur associé au Département de philosophie de l'UQAM, où il poursuit d'intenses travaux de recherche jusqu'à la fin de 1996, date à laquelle son mauvais état de santé le force à ralentir son travail. Incidemment, ses travaux aboutiront à la publication, il y a tout juste quelques semaines, de son dernier ouvrage (Probability Theory and Probability Logic, University of Toronto Press, 1999) écrit en collaboration avec Peter Roeper, professeur à l'Australian National University de Canberra, le grand collaborateur de Hugues Leblanc pour plusieurs de ses plus importants travaux en sémantique probabiliste.
Même s'il s'agit de recherches très techniques et très éloignées des préoccupations du commun des mortels, il faut dire un mot des travaux de Hugues Leblanc en logique, des travaux qui lui ont valu une très grande notoriété scientifique. Hugues Leblanc s'est principalement intéressé à la logique libre (logique qui diffère de la logique classique du fait qu'elle ne présuppose pas que les noms dont elle use réfèrent à quoi que ce soit de réel) et à la sémantique vérifonctionnelle (c'est-à-dire basée sur le concept de valeur de vérité , la sémantique classique admettant deux valeurs de vérité, le vrai et le faux). Mais il s'est également intéressé à la sémantique probabiliste et à la théorie des probabilités en général. Il est l'auteur de quatre livres (en plus de celui déjà mentionné plus haut, il publia Statistical and Inductive Probabilities en 1962, Truth-Value Semantics en 1976 et Existence, Truth and Probability en 1982) et co-auteur de deux autres ouvrages, dont un manuel de logique archi connu, écrit en collaboration avec W.A. Wisdom (Deductive Logic, publié en 1972, a connu deux éditions subséquentes). Il a également dirigé ou co-dirigé la publication de quatre recueils d'articles. Notons enfin qu'il est auteur ou co-auteur de plus de cent articles scientifiques, pour la plupart publiés, du reste, dans les revues scientifiques les plus prestigieuses.
Hugues Leblanc fut apprécié comme philosophe et logicien, et il fut distingué et honoré comme tel. Fellow des fondations Fulbright (1953-4) et Guggenheim (1965-6), il reçut un doctorat honorifique de l'Université de Montréal (1980), de l'université Dalhousie de Halifax (1982), et il fut le second récipiendaire du Certificat de Mérite Scientifique accordé par l'UQAM (1985). Co-fondateur avec Mario Bunge, renommé philosophe des sciences de l'Université McGill, de la Society for Exact Philosophy (1971), il reçut en 1982 le Paul W. Eberman Research Award de l'université Temple, une distinction reconnaissant sa remarquable contribution comme chercheur. Si la valeur scientifique de cet homme fut bien reconnue institutionnellement, et à bon droit, ses amis et ses proches s'en souviendront encore davantage comme d'un homme affable et amène, un esprit alerte et caustique, un pince-sans-rire, un tempérament plein d'humour mais néanmoins profondément nostalgique, et surtout un très grand amateur d'opéra.
Robert Nadeau
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