Dans la foulée de la sectorisation, dont ils se disent d'ailleurs les précurseurs, les spécialistes des modes de gestion de l'UQAM ont expérimenté au sein de leur propre structure organisationnelle les méthodes qu'ils enseignent. Une importante réorganisation a en effet mené à la disparition de l'ancien département des sciences administratives - le grand DSA comme on l'appelait -, aujourd'hui remplacé par trois nouveaux départements de taille plus modeste : les départements de management et technologie, de stratégie des affaires et d'organisation et ressources humaines. L'École des sciences de la gestion (ESG) compte maintenant six départements.
Un problème de taille
Au premier cycle tout comme aux études supérieures, l'ancien département possédait une banque de 200 cours actifs / année. Le méga-DSA
regroupait près de 100 professeurs et 200 chargés de cours. « Vu sa taille, le DSA était déjà une école dans l'École », explique le directeur du Département de management et technologie Albert Lejeune. L'opération de restructuration a donc permis de mettre en place, au sein de chacun des trois nouveaux départements, un regroupement naturel d'environ 30 professeurs ayant des affinités en matière d'enseignement, de recherche et de services à la communauté. Ce faisant, on a réglé l'épineux problème de la représentation. « Les professeurs sont mieux représentés, proportionnellement, au sein des instances institutionnelles; ils disposent maintenant de trois voix au lieu d'une », souligne Carole Lamoureux, directrice des études à l'ESG.
Tout comme chez les professeurs, la répartition des chargés de cours et des employés de soutien au sein des trois nouveaux départements s'est bien déroulée, de même que celle de la banque de cours. Les ententes concernant le rattachement des cours multidépartementaux ont été conclues en juin.
Répondre rapidement
aux besoins du marché
Au moment où la réorganisation s'enclenchait, l'ESG se dotait en juin 1998 d'une direction des études qui, dans le cadre de la structure «école» contribue à ce que les programmes soient gérés en coordination. Du côté de l'enseignement, la restructuration s'est faite sous le signe de la complémentarité et de l'interdisciplinarité, plutôt que de l'autonomie départementale. « Les trois départements ont choisi de regrouper l'ensemble de leurs programmes sous une direction unique, celle de l'École », précise M. Lejeune. « Il en résulte une plus grande flexibilité et une meilleure capacité à répondre aux besoins du marché », d'ajouter Mme Lamoureux. « Ce qui nous est demandé, ce sont des compétences multidisciplinaires. Un bel exemple, c'est le cas de la maîtrise en finance appliquée, qui démarrera en janvier prochain. On répond rapidement aux besoins criants d'experts dans ce domaine qui conjugue trois de nos disciplines, l'économie, la finance et la comptabilité. »
Un déroulement harmonieux
Les nouvelles structures et nouveaux modes de gestion génèrent souvent des incertitudes et des tensions. Nos experts en gestion les ont réduites au minimum. « La restructuration s'est déroulée très harmonieusement, et graduellement, sur deux ans », explique la directrice. « Nous avons respecté les contraintes budgétaires, la neutralité financière et les conventions collectives, ajoute M. Lejeune. Le personnel est le même, le budget également. Il n'y a pas eu de jeu de chaise musicale dans les bureaux des professeurs, les corridors maintiennent donc un bon réseau de relations interdépartementales ».
Au quotidien, ces changements ont un impact sur le travail. « Il n'y a pas d'assemblée départementale efficace avec 110 personnes, constate M. Lejeune. Auparavant, on y faisait de la procédure, on discutait du Code Morin. Aujourd'hui, on touche au contenu des programmes... Chez les employés, la façon de travailler a aussi changé. La flexibilité a remplacé le travail très spécialisé et un peu anonyme. On sent qu'on fait partie d'une équipe, la direction n'est pas loin et on trouve des solutions plus rapidement aux problèmes. »