14/09/98 29/09/98 12/10/98 26/10/98 9/11/98 23/11/98 07/12/98
18/01/99 01/02/99 15/02/99 01/03/99 15/03/99 29/03/99 12/04/99



LES ACTEURS
DE LA
RECHERCHE
EN SCIENCES


Collaborer avec l'industrie

Faire face à la pression

Mieux comprendre la planète

Travailler en partenariat

Le financement public de la recherche

De nouveaux fonds pour la recherche en santé

Soutien financier aux étudiants

Des artisans de l'ombre...

...mais un rôle indispensable
COLLABORER AVEC L'INDUSTRIE


Le professeur du département de sciences de la Terre, Maurice Morency, devant une mine de lignite, en Allemagne, près de Leipzig.

Géochimiste spécialisé dans les procédés de traitement et de transformation des résidus miniers, auteur de deux brevets, le professeur Maurice Morency du département des sciences de la Terre effectue ses projets de recherche en partenariat avec l'industrie privée. «J'aime voir les effets de nos recherches, à court terme», explique l'homme qui assume la direction scientifique du Centre de recherche en environnement UQAM/Sorel-Tracy, dont le laboratoire est situé dans les locaux du cégep de Tracy. Cette corporation à but non lucratif réunit depuis 1991 les grandes entreprises sidérurgiques de la région qui ont décidé de prendre leurs problèmes en main et d'y trouver des solutions.

«Je suis un partisan de cette collaboration avec l'industrie. Il faut se mouiller, apprendre à travailler avec eux, les aider à trouver des solutions aux problèmes environnementaux. Le monde entier a déjà effectué ce tournant vers la recherche appliquée. Mais au Canada il s'en fait très peu.» En Allemagne par exemple, il y a de nombreux centres de recherche, dont le UFZ Centre for environmental research Leipzig-Halle, où travaillent près de 500 chercheurs et techniciens. Le professeur Morency a élaboré avec ce Centre des solutions aux problèmes de contamination de l'environnement par différents résidus miniers.

Pour obtenir des contrats de recherche, il faut acquérir une crédibilité. La réputation se bâtit par le bouche à oreille, au fil des consultations. Une douzaine de projets majeurs avec l'Allemagne et les compagnies québécoises ont valu à M. Morency une solide réputation dans le domaine du recyclage des résidus industriels. Ces recherches l'ont amené à analyser les poussières générées par les acieries. «On ne peut pas élaborer de stratégie de remédiation si on ne connaît pas parfaitement en détail les résidus», explique le chercheur qui, grâce à sa formation en géologie des minéraux naturels, dispose d'un regard sur les substances polyphasées que ni le chimiste ni le métallurgiste possède.

Les analyses effectuées au Centre de Tracy et à l'UQAM, grâce à des appareils très sophistiqués comme le diffractomètre à rayons X et le microscope électronique à balayage, ont permis de caractériser très précisément les résidus. À l'aide d'un procédé avant-gardiste de «filtration colloïdale», on épure et raffine en poussières très fines (près du micron), ce qui permet de produire d'excellents pigments. Inutile de préciser que ce projet, qui entre dans la phase du banc d'essai à l'échelle industrielle, soulève l'intérêt de plusieurs partenaires financiers.

Mais travailler si étroitement avec l'industrie ne comporte-t-il pas un danger pour l'indépendance et la liberté essentielles au chercheur? «Je ne pense pas qu'il y a plus de danger dans ce type de recherche que dans celle où on est forcé de publier, de sortir des chiffres pour satisfaire aux exigences des organismes subventionnaires», soutient M. Morency.

Les recherches dirigées par M. Morency ont contribué à la formation de plusieurs étudiants de cycles supérieurs en sciences de la Terre et en environnement, soit une douzaine jusqu'en 1986 - dans la phase de recherche fondamentale - et six depuis 1995, dans le cadre de la recherche appliquée. Le professeur dirige présentement trois étudiants.