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Si la période des fêtes signifie, pour plusieurs, une visite obligée à la SAQ, tous n'ont peut-être pas remarqué, du même coup, l'arrivée d'une nouvelle bière rousse sur le marché. Or, celle-ci constitue l'aboutissement d'un projet original initié il y a deux ans par de jeunes biologistes, soit Alain Branchaud et Andrée Gendron, qui terminent actuellement leurs études doctorales en sciences de l'environnement à l'UQAM. Une simple bière sur lie de plus? Pas sûr, car au-delà de la recette qui lui est propre, la Rescousse présente quelques particularités. Tout d'abord, son étiquette est à l'effigie du chevalier cuivré, une espèce de poisson unique au Québec dont la survie est menacée. En outre, sa mise en marché vise à récolter des fonds pour la sauvegarde des espèces menacées ou vulnérables au Québec et à sensibiliser la population à cette cause, dont les deux concepteurs du projet sont d'ardents défenseurs. Un verre à la santé... des espèces menacées Pour parvenir à leurs fins, les jeunes étudiants se sont associés à différents partenaires, dont la microbrasserie montréalaise Le Cheval Blanc et la Fondation de la faune du Québec. Si la première s'engage à verser les profits de la vente à la seconde, celle-ci verra, en retour, à consacrer ces montants au financement de projets de recherches ou d'interventions visant la sauvegarde des espèces menacées du Québec, ceci dans le cadre de son programme Partenaire pour la biodiversité. Quant à Andrée Gendron, qui étudie dans le domaine de l'écotoxicologie, et à Alain Branchaud, qui s'intéresse plus particulièrement à la bioconservation, ils seront invités à titre d'experts-conseils pour évaluer les projets qui seront soumis à l'organisme en vue d'être financés à l'aide des fonds ainsi générés1. C'est en oeuvrant à leur thèse respective2, et surtout, en participant tous deux à des projets de recherche portant plus spécifiquement sur le chevalier cuivré, que les jeunes biologistes ont conçu le projet de «mettre l'art brassicole au service des espèces menacées». Toutefois, a tenu à souligner Andrée Gendron, «le but n'est pas d'inciter les gens à augmenter leur consommation d'alcool: la Rescousse est une bière de dégustation». Et son collègue de renchérir, «en offrant ce produit alternatif, nous voulons sensibiliser une clientèle adulte à l'importance de poser des gestes concrets pour protéger l'environnement. Si nous avons choisi le chevalier cuivré comme porte-étendard, c'est parce que sa sauvegarde nous incombe entièrement: c'est un vertébré endémique qui ne se retrouve nulle part ailleurs dans le monde!». Comment, dès lors, ne pas souhaiter que pour une fois, ce soit la belle rousse qui puisse sauver le chevalier en péril?
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