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Afin de mener des recherches sur la dynamique du développement des connaissances dans le domaine biomédical, Peter Keating (UQAM) et Alberto Cambrosio (McGill) du Centre interuniversitaire de recherche sur la science et la technologie (CIRST), ont reçu, pour la période 1997-2000, d'importantes subventions1. Les recherches porteront plus particulièrement sur une «constellation de maladies, comme les différents types de cancers du sang (leucémie, lymphomes, sida), qui traversent un ensemble de disciplines, de spécialités et de techniques». Problématique d'ensemble MM. Keating et Cambrosio veulent dépasser l'opposition entre les études ethnographiques portant sur un seul site (laboratoire ou clinique) et celles visant à saisir le système biomédical dans son ensemble, et ce afin de centrer les analyses sur un niveau intermédiaire d'activités biomédicales, là où s'établissent des régulations inter-cliniques ou inter-laboratoires. Selon M. Keating, de plus en plus de chercheurs reconnaissent que la source des nombreuses innovations en laboratoire se situe dans le questionnement clinique (techniques de diagnostic et interventions thérapeutiques) et que leur interrelation mobilise une dynamique complexe se trouvant au coeur du champ biomédical. «En général, on sépare la recherche en laboratoire du travail en clinique, et pourtant les informations circulent entre les deux. Le point de jonction, c'est le diagnostic». Dans la dynamique du développement des sciences biomédicales,
souligne le chercheur, il faut tenir compte de l'existence
d'une pratique clinique qui génère des problèmes de recherche
et propose des objets d'étude. «Le sida, ajoute-t-il, est un
bon exemple. Il impose aux chercheurs toute une série de
problèmes concernant la formation des virus ou des cancers,
tout en suscitant une série de travaux qui se font, par
exemple, sur la communication entre les cellules».
L'objectif central, souligne M. Keating, est de dégager des catégories (comme les notions de régulation et de système expérimental) permettant de décrire le travail effectué dans le champ biomédical et pouvant être utilisées par d'autres chercheurs en sciences sociales. «Si nous pouvons décrire le plus adéquatement possible la recherche biomédicale d'une façon qui soit acceptable pour les praticiens et compréhensible pour les gens en philosophie, en histoire ou en sociologie des sciences, alors nous pourrons dire mission accomplie»".
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