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Fondation UQAM |
Pour mieux dialoguer avec l'ordinateur
Le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada (CRSH) accordait dernièrement à Mme Anne-Marie Di Sciullo, professeure au département de linguistique, une somme de 300 000 $ qui s'ajoute à une subvention de 1,5 M $ obtenue l'automne dernier. Celle-ci (1,8 M $ au total), la plus importante jamais accordée à l'UQAM par le CRSH, servira à financer, pendant cinq ans, un vaste projet de recherches en linguistique computationnelle mené par un réseau international de chercheurs1. Les objectifs On veut également que ces travaux, à caractère théorique2, entraînent des applications novatrices en matière de technologies de l'information afin de permettre d'augmenter la précision et l'efficacité d'un outil de recherche et de repérage de l'information couvrant les grandes bases de données francophones sur Internet. On cherchera, en fait, à pallier les limites des outils de recherche basés uniquement sur des méthodes statistiques et sur une logique qui n'est pas celle des langues naturelles. Quelle utilité sociale ? On vise donc à augmenter l'efficacité des ordinateurs grâce, entre autres, au développement d'analyseurs (moteurs de recherche) qui travailleront sur la configuration générale des mots, soit sur leurs caractéristiques asymétriques. «Actuellement, explique Mme Di Sciullo, les analyseurs font de la recherche par mots-clés. Si, par exemple, on fait une recherche sur le "pingouin royal", on aura des textes où le mot "pingouin" est le plus fréquent, mais aussi des textes sur la royauté qui ne présenteront alors aucun intérêt ! Cela signifie que la recherche d'information doit se faire par configurations et non par mots singuliers». D'autres types d'analyseurs pourraient également permettre de dégager l'argumentation sous-jacente à certains textes (juridiques, scientifiques, etc.), ainsi que ses prémisses et ses conséquences. Les retombées pratiques d'une telle transposition du langage humain au langage informatique pourraient être nombreuses: logiciels de traitement ou de traduction automatique de textes plus rapides, systèmes d'analyse et de confection de résumés, dictionnaires et correcteurs de textes plus sophistiqués, et même des CD-ROM pour l'apprentissage de différentes langues. Les applications technologiques seront réalisées en concertation avec, notamment, des spécialistes du MIT et par le biais de partenariats locaux et internationaux avec des centres ou des groupes qui ont atteint un niveau d'excellence dans le domaine, tel que le Centre de recherche informatique de Montréal (CRIM). «En améliorant la recherche de l'information, conclut Mme Di Sciullo, on facilitera la qualité et la rapidité d'accès aux connaissances. Et par le fait même, nous contribuerons à leur avancement».
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