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Analyse de l'information
Une technologie développée par le Laboratoire d'analyse cognitive de l'information (LANCI)1 de l'UQAM a fait récemment l'objet d'un important transfert auprès de la firme québécoise YAGO technologies. Celle-ci a acheté les droits de propriété intellectuelle et a déjà investi dans le développement environ un demi-million de dollars. Une nouvelle technologie La technologie transférée, explique Jean-Guy Meunier, directeur du LANCI, permet la création d'outils intelligents (« intelliciels ») pour la lecture et l'analyse de textes assistées par ordinateur (LATAO). Les « intelliciels » apporteront une valeur ajoutée aux grands logiciels de gestion textuelle et documentaire auxquels ils seront intégrés. Ces outils favoriseront à la fois l'extraction des connaissances, le contrôle du vocabulaire, l'analyse terminologique, le résumé, la fouille, l'exploration thématique, la construction de thésaurus, etc. L'entreprise YAGO pourra donc développer des logiciels de traitement de l'information documentaire grâce aux modèles fonctionnels, mathématiques, linguistiques et informatiques conçus par le LANCI. Une économie du savoir « L'information, souligne M. Meunier, se présente sous diverses formes (images, textes, paroles, etc.), en tant que système de codes devant être interprétés. Dans ce contexte, les nouvelles technologies de l'information apparaissent comme des machines computationnelles susceptibles de manipuler ces objets et dont la finalité est d'aider l'humain dans son acte d'interprétation ». Aussi, selon lui, est-il devenu impérieux de développer des outils informatiques « intelligents » qui assistent les utilisateurs tant dans la gestion, la classification, l'indexation, que dans le parcours, la lecture et, surtout, l'analyse de cette information. « Nous devons concevoir, de préciser M. Meunier, des outils innovateurs qui répondent aux besoins d'un marché en pleine effervescence ». Ce marché, ajoute-t-il, est celui des entreprises de haute technologie, très sophistiquées, où l'on retrouve des interlocuteurs compétents qui perçoivent de plus en plus l'université comme une source de richesse intellectuelle. Une recherche fondamentale et appliquée Fondé en 1994, le LANCI jouit d'une réputation internationale pour son expertise de pointe dans les sciences cognitives appliquées au traitement de l'information de nature textuelle. Il se caractérise également par sa compétence multidisciplinaire en génie logiciel, en linguistique computationnelle et en analyse documentaire. Jusqu'à maintenant, le LANCI a reçu près de 700 000 $ de subventions de divers organismes2. La recherche effectuée est de nature fondamentale et appliquée. L'axe principal de la recherche est l'application au traitement de l'information de la logique formelle, de la théorie des automates, des modèles mathématiques dynamiques, de la psychologie cognitive, etc. L'an dernier, un autre axe de recherche, appelé « R:(NT) », s'est déployé dans une voie essentiellement théorique. Un troisième axe porte sur la gestion technologique des connaissances dans les organisations. Le LANCI, enfin, encourage des projets de collaboration avec des entreprises technologiques, comme YAGO, où le savoir acquis dans la recherche fondamentale est repris dans des applications utiles au milieu économique. C'est ce que l'on appelle un transfert technologique. 1 L'équipe du LANCI réunit également les professeurs André Dugas (linguistique) et Hafedh Mili (informatique) de l'UQAM, et collabore avec des chercheurs d'autres universités québécoises (UQTR, Laval) et étrangères (IMAG-TIMC de Grenoble, le CAMS des HESS à Paris, et le LALIC de l'Université de Lille. Le laboratoire accueille des boursiers d'excellence en informatique, en mathématiques ou en linguistique. 2 Au Canada, les organismes suivants soutiennent les activités du LANCI : le projet CANARIE, le ministère des Affaires internationales du Québec, le CRSH, le CRSNG, le FCAR et l'entreprise YAGO technologies. Sur le plan international, le LANCI a reçu aussi d'importantes subventions de l'AUPEL UREF, du FRANCIL et du ministère français de la Culture, de la science et de la technologie. |