Le 19e rapport de la CUP traite des programmes d'études en administration, en économique et en relations industrielles1. Dans ces trois domaines, la Commission observe une plus grande orientation des étudiants vers des programmes professionnels. Or, souligne-t-on, l'université enjoint de former des diplômés qui non seulement comprennent les bases de la gestion mais aussi le contexte socio-économique dans lequel l'entreprise se situe. À la base de cette transmission et production de savoirs se trouverait la recherche et c'est pourquoi, dans ses recommandations, la CUP y accorde une très large place, de même qu'à la formation de 3e cycle.
Études doctorales
et recherche
De fait, la CUP invite les universités qui offrent des programmes d'études supérieures en administration à prendre des mesures pour : encourager la recherche; accroître, par le biais de passerelles ou de propédeutiques adaptées, le bassin d'étudiants aux 2e et 3e cycles; et assurer la diplômation d'une plus grande proportion de candidats au doctorat par un meilleur soutien financier. En outre, en vue d'offrir une formation optimale aux doctorants en économique ou en relations industrielles, les établissement sont conviés à collaborer et à définir clairement leurs spécialités.
Administration :
des ratios élevés
Selon la CUP, la collaboration interuniversitaire est déjà avancée en administration au vu du nombre de programmes conjoints, réseau ou offerts en extension. Toutefois, la CUP constate que les inscriptions aux programmes de certificat, entre 1992 et 1998, ont connu de fortes baisses dans quatre champs d'études : administration et gestion des opérations et de la production (-41%), sciences comptables (-39%), gestion des ressources humaines (-28%) et systèmes d'information (-22%). Elle invite donc les établissements à examiner les causes et les effets du phénomène et à remettre un rapport à ce sujet.
Autre problème, le ratio du nombre d'étudiants en équivalence temps complet (EETC) par professeur régulier est nettement plus élevé en administration (36,1) que pour l'ensemble des secteurs universitaires (24,8). En fait, on trouve trois ratios supérieurs à 34 (Concordia, Laval, UQAM) et trois supérieurs à 40 (HEC, Sherbrooke et McGill)! Une situation qui, selon la CUP, a des effets négatifs sur la qualité de l'encadrement des étudiants et sur la disponibilité des professeurs en matière de recherche. Aussi, les établissements concernés et le MEQ sont priés de mettre de l'avant des moyens pour assurer un corps enseignant de qualité et en nombre suffisant.
Les économistes
en déclin?
À l'instar de certains domaines d'études des sciences sociales, l'économique connaîtrait des difficultés : problèmes de recrutement au premier cycle, faible taux de diplômation, petite taille de l'effectif des programmes de 3e cycle. La CUP recommande aux trois départements d'économique affichant des taux globaux de diplômation au bac inférieurs à 50% - soit l'UdeM, l'UQAM et l'UQTR - de procéder à l'analyse détaillée de la situation et de prendre des mesures pour la corriger. Enfin, après avoir constaté que les trois universités anglophones comptaient, en 1998, près de 70 % des inscriptions au bac en économique à travers tout le Québec, la CUP invite les universités francophones à une action énergique en vue d'augmenter le recrutement de leurs étudiants.
1. À l'automne 1998, le domaine de l'administration - ou sciences de la gestion - était constitué de près de 180 programmes répartis dans 15 établissements attirant une clientèle de plus de 47 000 étudiants. En économique, on dénombrait 38 programmes répartis dans 10 établissements pour un total de 2 400 étudiants. Enfin, le domaine des relations industrielles, couvert par six établissements, offrait un total de 17 programmes regroupant quelque 2 100 étudiants.