Selon les termes d'une entente conclue récemment avec le ministère québécois des Relations avec les citoyens et de l'Immigration (MRCI), l'École de langues dispensera des cours de langue française à quatre groupes de 17 nouveaux immigrants, pour la grande majorité non-francophones1, et ce pour une période de 32 semaines. D'ailleurs, le 27 mars prochain, le ministre Robert Perreault viendra inaugurer officiellement ce nouveau programme de francisation.
Une formation de niveau supérieur
Les nouveaux arrivants, dont certains sont originaires de Chine, de Russie, d'Europe de l'Est, d'Amérique Latine et du Moyen-Orient, sont établis au Québec depuis trois à six mois en moyenne. Plusieurs d'entre eux possèdent déjà une formation scientifique et tous ont plus de 12 années de scolarité. Outre des cours de français, les étudiants pourront s'inscrire à des ateliers de phonétique, de conversation et d'informatique. Des sessions de préparation au marché du travail sont également prévues. Comme l'explique Gladys Benudiz, maître de langues à l'École, « nous avons tenté d'adapter le programme de francisation du MRCI aux standards de formation universitaire2. Notre programme est plus exigeant que celui offert dans les Centres d'orientation et de formation des immigrants (COFI) ». L'accent est mis sur l'écrit et l'on vise à ce que les étudiants atteignent un niveau fonctionnel au terme de leur formation. Enfin, précise Mme Benudiz, « nous les encourageons à poursuivre leurs études dans une université francophone. D'ailleurs, plusieurs de nos étudiants chinois ont manifesté le désir de s'inscrire éventuellement à notre programme de certificat en français écrit pour non-francophones ».
Une réforme des services
Pour comprendre le sens de cette entente entre le MRCI et l'École de langues, il faut rappeler qu'en novembre dernier, le ministère annonçait une diversification de ses services de francisation et d'intégration. Les cours de français seront désormais de plus en plus offerts hors des COFI, soit dans des universités, des cégeps et des organismes communautaires, par le biais de contrats de services3. Le MRCI entend ainsi faire passer de 60 % à 75 % le bassin de nouveaux arrivants qui s'inscrivent à des cours de français. Une stratégie qui vise un arrimage plus étroit avec des partenaires institutionnels et entre les différents domaines de services : intégration à la fois linguistique, économique et sociale.
Des activités d'intégration
En plus des 20 heures de cours de français, l'École de langues offrira, à chaque semaine, 10 heures d'activités d'intégration aux milieux universitaire et montréalais, comprenant notamment des ateliers d'encadrement et de renforcement. Des étudiants du certificat en français écrit organiseront des sorties en ville. Quant au Centre d'écoute et de référence Halte Ami de l'Université, il prendra en charge toute la dimension socio-affective de l'intégration des immigrants et organisera, entre autres, des dîners communautaires à chaque jour. Enfin, dans le but de favoriser les échanges, des jumelages sont aussi prévus avec des étudiants francophones inscrits à des cours de langue étrangère à l'École.
1. Signalons qu'à l'École de langues, un projet pilote de programme de francisation avait débuté en août dernier avec deux groupes de nouveaux immigrants.
2 . À noter la participation de Mme Marguerite Hardy, conseillère pédagogique à l'École de langues, dans l'élaboration du volet pédagogique du programme de francisation et dans l'encadrement des moniteurs.
3. Le MRCI demeurera le maître d'oeuvre de la francisation.