Le Comité chargé d'étudier de nouvelles avenues budgétaires, conformément aux mandats qui lui ont été confiés, vient de soumettre son rapport au Conseil d'administration. Le document fait état du contexte, signale les dangers imminents qui menacent la poursuite des objectifs institutionnels et identifie un certain nombre de nouvelles voies à explorer. Précisons d'emblée qu'en formulant ses recommandations (voir Les recommandations), le Comité se dit conscient d'énoncer des pistes difficiles, des efforts considérables ayant déjà été consentis par la communauté universitaire. Les nouvelles économies - estimées à 18 M $ sur six ans - que généreraient certaines des mesures proposées n'empêcheront évidemment pas l'UQAM de continuer d'avoir un déficit d'opération appréciable. Elles constituent toutefois, aux yeux du Comité, une démarche nécessaire pour affirmer la crédibilité de l'institution en vue d'obtenir une contribution accrue de l'État, laquelle est jugée indispensable.
Contenir le déficit
Bien que l'Université, grâce à un train de mesures appliqué dès 1993, a réussi à réduire ses dépenses de près de 25 M $, ces efforts n'ont pas compensé pleinement la réduction de ses revenus. À preuve, on prévoit que le déficit accumulé atteindra, au 31 mai 1999, près de 32 M $. En outre, avec la fin du congé de cotisation au RRUQ, le déficit d'opération annuel, qui est actuellement de l'ordre de 10 M $, pourrait doubler en l'espace d'un an. Selon le Comité, sans effort additionnel et sans refinancement, l'Université risque de se retrouver aux prises avec une spirale déficitaire incontrôlable qui, en trois ans, mènerait à un déficit accumulé de l'ordre de 100 millions, soit plus de 50 % de son budget annuel! Dans un tel contexte, c'est la propre survie de l'UQAM qui serait compromise.
Sauvegarder la mission
Il est clair toutefois, pour les membres du Comité, que les avenues retenues pour contenir le déficit devront viser la sauvegarde des orientations maîtresses qui ont caractérisé le développement de l'Université et sa mission propre. Les membres du Comité ont d'ailleurs tenu à rappeler quelques-unes de ces orientations qui leur paraissent aujourd'hui fortement menacées:
Les pistes de solution proposées en vue de préserver ces orientations et d'assurer ainsi l'essor de l'UQAM devront, il va de soi, susciter l'adhésion au sein de l'Université. La Direction, ainsi que des membres du Comité, comptent donc, au cours des prochaines semaines, présenter le contenu du Rapport à la communauté universitaire. Dans l'intervalle, les personnes intéressées peuvent prendre connaissance du document sur le web à l'adresse suivante: http://www.uqam.ca/
Les recommandations
Selon les membres du Comité, l'application des huit recommandations suivantes pourrait contribuer à la relance de l'UQAM en lui donnant le souffle nécessaire pour lui permettre de relever les défis de l'an 2000.
- Viser dans toute la mesure du possible le maintien du niveau actuel des ressources humaines, gage du succès des autres recommandations et de l'atteinte des objectifs de l'Université;
- Réviser la programmation académique en profondeur avec un objectif de réduction du nombre de groupes-cours à tous les cycles et en particulier au premier cycle, tout en maintenant la qualité de la programmation et la qualité de la formation;
- Viser une charge d'enseignement annuelle moyenne du corps professoral se rapprochant de 4 cours tout en préservant et consolidant l'effort de recherche et en développant les études aux cycles supérieurs, prenant donc en compte le caractère essentiel de la composante recherche de la tâche professorale;
- Définir et implanter une politique de rajeunissement et de renouvellement du corps professoral;
- Revoir la structure de la programmation ainsi que l'offre de programmes aux cycles supérieurs afin de recruter et de retenir un plus grand nombre d'étudiants. Un certain nombre de mesures telles que l'intensification du recrutement d'étudiants étrangers au doctorat devraient être mises en place;
- Poursuivre la rationalisation de l'ensemble des fonctions de soutien en questionnant la pertinence et le niveau de chaque activité de soutien dans les unités académiques et administratives;
- Miser sur la restructuration académique, la formation des secteurs et conseils académiques pour opérationnaliser les recommandations précédentes;
- Intensifier en parallèle et dans les meilleurs délais les représentations auprès des autorités gouvernementales afin qu'elles soient sensibilisées aux efforts de l'UQAM et qu'elles conviennent de réinvestir dans les meilleurs délais à l'UQAM.