|
LA UNE Recherches novatrices pour le traitement du cancer ! | ||||||||||||||||||||||||||||
|
Recherches novatrices pour le traitement du cancer ! | Mondialisation et démocratie
À l'enseigne de la mondialisation, explique Mme Ayoub, la communauté politique et l'État-Nation sont aujourd'hui remis en cause comme principe de totalité sociale. D'un autre côté, la société a tendance à se fragmenter en fonction des divers éléments qui la composent, donnant lieu ainsi à l'émergence de revendications particularistes qui transforment les divers ordres culturels en espaces de droits. « Aussi paradoxal que cela puisse paraître, soutient Mme Ayoub, la mondialisation se fait contre l'universel. Elle favorise l'individualisation et la montée des particularismes nationaux, ethniques, culturels, sexuels, etc. La mondialisation, ce n'est pas la globalisation des valeurs démocratiques, mais l'internationalisation du marché et du capital ». En fait, affirme-t-elle, ce sont les formes mêmes de la communauté politique, conçue dans la modernité en tant que nation, et celles de la démocratie, conçue comme l'expression d'une volonté générale exprimée par les institutions politiques, qui sont interpellées par les forces de la mondialisation. Il en irait de même pour la citoyenneté et la justice sociale qui doivent être réexaminées à la lumière de la nouvelle opposition entre les principes universalistes et la réalité des particularismes. « Il nous faut reconquérir la démocratie, soit le pluralisme des idées, des valeurs et des singularités, mais tout ça à l'intérieur de l'État de droit. En d'autres termes, comment penser la diversité culturelle, qui existe de fait, au sein de l'État de droit qui, lui, doit défendre le bien-être collectif ? ». Dans ce contexte particulier, précise-t-elle, le système d'éducation peut jouer un rôle crucial dans la mesure où il favorise le développement de pratiques communes. « Rappelons-nous que la Révolution française a permis de former un nouveau peuple grâce, notamment, à un système d'éducation qui offrait des valeurs communes en vue de forger à la fois une identité d'homme et de citoyen ». Trois grands chantiers de recherche seront explorés par l'équipe de Mme Ayoub. Premièrement, seront analysés les rapports entre le discours de la mondialisation, les revendications particularistes et la remise en cause des pouvoirs de l'État-Nation en regard de la question de la justice sociale. Deuxièmement, les chercheurs cerneront les implications de la mondialisation et du développement des particularismes quant à la place du citoyen. « Face à une désaffection des citoyens à l'égard du suffrage universel, souligne Mme Ayoub, il faut penser à de nouveaux modes de représentation et de délibération politiques ». Enfin, un retour au socle historique et philosophique fondateur de ces questions sera effectué. « Comment les idéologues de la fin du XVIIIe et du début du XIXe siècles ont-ils pensé l'unification du monde humain dans l'universel, ainsi que la diversité culturelle, au moment même où l'économie politique prenait le pas sur les autres sciences ou disciplines ? » 1. Soulignons que cette équipe de chercheurs travaille en collaboration, autour de problématiques communes, avec la Chaire UNESCO de philosophie et des professeurs des départements de sociologie et de sciences juridiques, dont Jules Duchastel, Gilles Bourque, Jacques Beauchemin et Victor Armony. |