Numéro 1,
3 septembre 1996



Derrière les succès de Surin:
l'entraîneur Michel Portmann

Michel Portmann, professeur de kinanthropologie
et entraîneur de Bruny Surin.

Originaire de suisse, athlète aux Jeux olympiques de Mexico en 1968, entraîneur de Claude Ferragne et Claude Forget aux Jeux de Montréal en 1976, Michel Portmann est aujourd'hui un universitaire fort respecté dans son domaine. Docteur en physiologie de l'Université de Montréal, il est, depuis 1973, professeur au département de kinanthropologie de l'UQAM. "Mon rôle principal, dit-il, est d'étudier le mouvement humain, la motricité. L'objectif? Améliorer la performance humaine, les méthodes d'entraînement. Mon laboratoire? Tout stade où il y a des compétitions".

Ayant connu l'athlète québécois Bruny Surin au même club où il entraînait d'autres compétiteurs, Michel Portmann a consenti, en 1994, à devenir son entraîneur à la demande même de Surin et après avoir constaté une chose surprenante: "Surin avait à l'époque un entraîneur américain qui lui faxait ses séances d'entraînement. Bref, ça manquait de sérieux et la planification des exercices était déficiente. De plus, ça me permettait de mettre en pratique des idées développées à l'Université".

Le professeur Portmann a donc entrepris de mettre au point pour son protégé un rigoureux programme d'entraînement hebdomadaire où alternaient respectivement des séances d'effort soutenu de musculation, des séances d'exercices plus légers de récupération ainsi que, vers la fin, des séances visant à améliorer la performance sur piste. Le tout quotidiennement filmé et analysé sur un logiciel biomécanique de mesures des exercices proposés. Le film permettant de déceler la moindre faille, la plus petite erreur dans les mouvements du sprinter et le logiciel de quantifier avec grande précision les résultats et ainsi vérifier la progression ou non de ce dernier.

Que pense-t-il aujourd'hui des performances de Surin? "Le point fort de Bruny est un départ foudroyant, une excellente accélération. Jusqu'à la mi-course, c'est-à-dire sur 50 ou 60 mètres, il est pratiquement imbattable. Toutefois, le deuxième effort sur la dernière portion du 100 mètres laisse à désirer. Nous devons travailler très fort afin qu'il soit capable de fournir une seconde accélération et ainsi se classer parmi les champions".