Volume XXV Numéro 13, 29 MARS 1999
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LA UNE

La maîtrise en sciences de l'environnement fête ses 25 ans

L'incontournable internationalisation de l'Université




SOMMAIRE DU NUMÉRO


Arts et Éducation
Quatre candidats aux postes de doyens


Des recherches majeures La genèse des langues créoles

Les réseaux d'égouts: un rôle clé dans l'urbanisation

Financement de la recherche universitaire
L'écart Canada / États-Unis atteint des proportions record


Communication
Séminaires et échanges


Quebec a Catalunya
Présence imposante de l'UQAM


Formation en environnement
Défis et enjeux actuels


Prix en marketing social

Appel de candidatures Concours en technologie

Les retraités créent un fonds de bourses

Réinvestir dans l'éducation
Les étudiants de l'UQAM manifestent!

Prix du meilleur plaideur

Travail et santé
Prix d'excellence


Titres d'ici

SOUTENANCES DE THÈSE

Les réseaux d'égouts: un rôle clé dans l'urbanisation

M. Robert Gagnon, professeur au département d'histoire.

Quelles sont les transformations qu'a entraîné le développement d'un réseau intégré d'égouts dans la vie et la société montréalaises? Tel est le thème central du projet de recherche1 de Robert Gagnon2, professeur au département d'histoire, qui entend reconstruire l'histoire de la mise en place du système d'égouts de la ville de Montréal entre 1850 et 1920. Selon M. Gagnon, il n'existe pas de travaux en histoire sur cette question et il s'agissait donc pour lui de défricher un terrain vierge. Pourtant, observe-t-il, « tout processus d'urbanisation entraîne forcément la construction d'infrastructures nécessaires à la vie d'une ville, et une ville sans égouts ne peut pas exister ».

Contexte
Comme plusieurs autres grandes villes industrielles en Amérique du Nord et en Europe, Montréal, à partir de la deuxième moitié du XIXe siècle, s'engage dans la construction de grandes infrastructures urbaines (aqueduc, pavage des routes, récolte des ordures, etc.). « L'industrialisation de la ville, explique M. Gagnon, l'accroissement de sa population, les épidémies de choléra et de typhus, les conceptions médicales de l'époque, ne sont que quelques-uns des facteurs qui incitent les élus municipaux à se préoccuper de la santé publique et à envisager la construction, dans tous les quartiers de la ville, d'égouts souterrains pour évacuer les eaux usées ». Mais, souligne-t-il, ce sont les raisons économiques qui demeurent déterminantes dans la prise de décision. Ainsi, ce sont les propriétaires d'habitations qui demandent que soient construits des égouts afin de protéger leurs biens et de pouvoir louer leurs maisons.

La dynamique des acteurs
La recherche de Robert Gagnon veut avant tout rendre compte de la diversité et de l'interaction des nombreux facteurs à la fois politiques, scientifiques, techniques, institutionnels et sociaux qui ont donné au réseau d'égouts montréalais ses caractéristiques particulières. En fait, souligne M. Gagnon, une multitude d'acteurs sociaux participent aux débats qui s'instaurent tant sur la santé publique et l'intervention des gouvernements locaux dans la vie des citadins, que sur le rôle de la technologie dans l'environnement urbain au cours des dernières décennies du XIXe siècle. «Nous assistons alors à l'émergence des experts, comme les médecins ou encore les ingénieurs3, qui investissent les divers comités municipaux et jouent un rôle accru dans la gestion de la ville. Il se crée ainsi un espace social de discussion dans lequel se prennnent des décisions relatives à la construction de cette importante infrastructure que constitue le réseau d'égouts. Un espace où les experts deviennent des acteurs centraux avec lesquels les hommes d'affaires et les élus municipaux doivent composer». Aussi, la recherche vise-t-elle à cerner les intérêts, parfois divergents, de ces acteurs et les stratégies qu'ils mettent en oeuvre afin de convaincre les différentes instances décisionnelles. Enfin, la dernière année de la recherche sera consacrée à la rédaction d'un livre qui, à travers l'étude de la mise en place du réseau d'égouts, tentera d'établir les rapports complexes qui unissent l'urbanisation, la technologie et la montée des experts.

1 Cette recherche, subventionnée par le CRSH, s'étend sur trois ans. Des étudiants de maîtrise et de doctorat participeront aux travaux.

2 Avant d'être embauché comme professeur à l'UQAM en 1995, M. Gagnon a enseigné l'histoire des sciences à l'École Polytechnique de Montréal. Il a écrit plusieurs articles sur l'histoire de l'éducation et l'histoire des professions. Il est également l'auteur de l'Histoire de l'École Polytechnique de Montréal. La montée des ingénieurs francophones (1991), ainsi que d'un roman, La thèse, pour lequel il obtenait en 1994 le prix Robert-Cliche. M. Gagnon est également chercheur associé au CIRST.

3 À noter que les premières écoles d'ingénieurs à Montréal sont créées vers 1870 et que l'École Polytechnique de Montréal est fondée en 1873. Par ailleurs, le premier laboratoire de bactériologie apparaît en 1896.