Volume XXV Numéro 13, 29 MARS 1999
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LA UNE

La maîtrise en sciences de l'environnement fête ses 25 ans

L'incontournable internationalisation de l'Université




SOMMAIRE DU NUMÉRO


Arts et Éducation
Quatre candidats aux postes de doyens


Des recherches majeures La genèse des langues créoles

Les réseaux d'égouts: un rôle clé dans l'urbanisation

Financement de la recherche universitaire
L'écart Canada / États-Unis atteint des proportions record


Communication
Séminaires et échanges


Quebec a Catalunya
Présence imposante de l'UQAM


Formation en environnement
Défis et enjeux actuels


Prix en marketing social

Appel de candidatures Concours en technologie

Les retraités créent un fonds de bourses

Réinvestir dans l'éducation
Les étudiants de l'UQAM manifestent!

Prix du meilleur plaideur

Travail et santé
Prix d'excellence


Titres d'ici

SOUTENANCES DE THÈSE

Des recherches majeures

La genèse des langues créoles
Mme Claire Lefebvre, professeure au département de linguistique et de didactique des langues.

Claire Lefebvre, professeure au département de linguistique et de didactique des langues, vient de publier dans la prestigieuse collection de la Cambridge Studies in Linguistics (Cambridge University Press) un ouvrage majeur sur la genèse des langues créoles. Intitulé Creole genesis and the acquisition of grammar. The case of Haitian creole, cet ouvrage, rédigé entre 1995 et 1997, est le fruit de nombreuses recherches subventionnées au cours des 20 dernières années, auxquelles ont participé des dizaines de collaborateurs1. L'ensemble de ces recherches ont d'ailleurs valu à Mme Lefebvre le Prix André Laurendeau de l'ACFAS en 1994.

L'ouvrage examine les processus cognitifs en jeu dans la genèse du créole haïtien: la relexification, la réanalyse et le nivellement des dialectes. Des processus qui, démontre Mme Lefebvre, jouent en général un rôle significatif dans la genèse et la transformation du langage. Le livre présente ensuite une comparaison entre les propriétés lexicales et syntaxiques du créole et de deux de ses langues sources, le français et le fongbè. Celui-ci, une langue de l'ancien royaume d'Agbomey (Dahomey), est parlé de nos jours dans le sud du Bénin et du Togo. Enfin, l'auteure se penche sur la contribution des adultes, par opposition à celle des enfants, à la formation du créole et résout les problèmes posés par le théories précédentes sur le développement des langues créoles. Les processus et mécanismes décrits par Mme Lefebvre représentent une contribution originale tant au développement de la linguistique théorique qu'à une meilleure connaissance historique du processus de création du créole haïtien.

« Les langues créoles, explique Mme Lefebvre, se retrouvent sur tous les continents (Afrique, Europe, Asie, Amériques, etc.), et chaque langue possède sa propre histoire. Quant au créole haïtien, il est parlé par plus de sept millions de personnes ». La thèse centrale qu'elle défend dans son livre est que les langues créoles sont des langues mixtes organisées. Les créateurs du langage créole, dans différentes régions, utilisent les propriétés lexicales et grammaticales de leurs langues natales et d'autres propres, par exemple, à la langue des colonisateurs. En ce qui a trait au créole haïtien, les propriétés sémantiques et syntaxiques des langues africaines et certaines plus spécifiques au français (trame phonétique) participeraient à sa formation.

« Mon ouvrage, souligne Mme Lefebvre, ne s'adresse pas uniquement à un public de spécialistes. Il peut très bien intéresser des gens qui connaissent les rudiments de base de la linguistique générale, comme des étudiants de troisième année de baccalauréat ». Aujourd'hui, elle tient à exprimer sa reconnaissance à tous ceux qui ont contribué de près ou de loin à la réalisation de cet ouvrage. « De quatre à cinq générations d'étudiants de maîtrise ou doctorat, ainsi que de nombreux collègues ont participé aux diverses étapes de cette recherche ».

1 Parmi les nombreux collaborateurs aux diverses recherches de Mme Lefebvre, mentionnons des collègues et des étudiants de l'UQAM, des chercheurs de l'Université de Toronto, du CNRS-France, de l' Université de New York, de l'Université de Pennsylvanie, de l'Université nationale du Bénin et de l'Université d'État d'Haïti. De plus, une trentaine de personnes utilisant la langue créole ou le fongbè ont collaboré au projet à titre d'«informateurs». La première recherche a débuté en 1975 et elle a été suivie d'autres travaux au cours des années 80 et 90. Différents organismes subventionnaires ont contribué au financement des recherches, tels que le FCAR et le CRSH.